FORT WORTH, Texas — « L’époque impérialiste que nous vivons aujourd’hui se caractérise par une concurrence acharnée et accrue entre des puissances rivales pour les ressources, les marchés et la main-d’œuvre à exploiter », a déclaré Norton Sandler, candidat du Parti socialiste des travailleurs (SWP) au poste de gouverneur de Californie, aux participants du Forum ouvrier du Militant tenu ici le 23 août.
« L’ordre mondial impérialiste, qui est dominé depuis 80 ans par la classe dirigeante des États-Unis, entraîne l’humanité vers la troisième guerre mondiale, a dit Sandler. Seule la classe ouvrière peut y mettre fin en prenant le pouvoir politique par la lutte révolutionnaire.
« Avec l’appui de sa vaste puissance militaire, a-t-il ajouté, la classe dirigeante la plus riche du monde utilise les droits de douane comme un bélier contre ses concurrents, en particulier la Chine. Nous devons prendre au sérieux la volonté de l’administration Trump de relancer l’industrie américaine. Cela fait partie de ses préparatifs de guerre. L’acier, l’aluminium, la construction navale, l’automobile, les ressources pétrolières, les réserves de terres rares, les puces et les semi-conducteurs sont tous nécessaires à des fins militaires.
« Lorsque les membres du SWP discutent avec des travailleurs en frappant à leurs portes, avec leurs compagnons de travail ou avec des grévistes sur les lignes de piquetage, a-t-il dit, ils constatent qu’il n’y a aucun optimisme par rapport à l’économie. Il n’y a aucun enthousiasme pour les propositions des deux partis politiques du patronat. Et le pressentiment que d’autres guerres se préparent. »
Sandler a décrit l’ampleur et le renforcement du déploiement militaire des dirigeants US à travers le monde, du Pacifique au Moyen-Orient, en passant par l’armada navale déployée au large des côtes du Venezuela. Il a évoqué le Commandement Nord, créé par le gouvernement en 2002, qui donne à Washington un pouvoir accru pour utiliser la force militaire sur le territoire national, ainsi qu’au Canada et au Mexique.
« Le gouvernement a récemment déployé des Marines et la Garde nationale à Los Angeles, a-t-il dit. La Garde nationale est actuellement utilisée pour maintenir l’ordre à Washington. Sous prétexte de cibler les cartels de la drogue au Mexique et ailleurs, des troupes sont stationnées à la frontière sud des États-Unis pour poursuivre quiconque tenterait de la franchir.
« La classe ouvrière US est la cible ultime du déploiement des forces militaires de Washington sur le territoire national. »
Sandler a ajouté : « Pour comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient, il est essentiel de comprendre la question juive. L’objectif du Hamas et de Téhéran, c’est un autre Holocauste : l’extermination des Juifs en Israël, la moitié de la population juive mondiale.
« La haine des Juifs est ancrée dans l’époque impérialiste. Il n’y aura pas de refuge pour les Juifs tant que le capitalisme existe. La haine des Juifs s’intensifiera à mesure que le système capitaliste mondial se décompose. L’appel grandissant aujourd’hui pour une « solution à deux États » signifie un État du Hamas à Gaza, avec un poignard pointé en direction d’Israël. Il faut se débarrasser du Hamas pour donner de l’espace aux travailleurs de Gaza et d’Israël et permettre le déroulement de la lutte des classes.
« Le plus grand allié des travailleurs en Israël, a dit le dirigeant du SWP, c’est la classe ouvrière en Iran. Celle-ci continue d’organiser des grèves, de protester contre ses conditions de travail et de vie, et de s’opposer à la volonté de Téhéran de détruire Israël. »
Le besoin d’une direction révolutionnaire
Sandler a expliqué que les forces staliniennes ont été à l’avant-garde de l’opposition à la guerre défensive menée par Israël pour vaincre le Hamas. De nombreux libéraux se sont joints à eux en qualifiant de « génocide » la guerre d’Israël, ce qui occulte l’ampleur de ce qui a été infligé à la population juive mondiale pendant l’Holocauste. Mais le cours politique des staliniens n’a rien de nouveau. Un excellent exemple, c’est leur sabotage des réelles possibilités d’unir le mouvement ouvrier en Allemagne pour empêcher Hitler d’accéder au pouvoir en 1933.
Sandler a également rappelé leur trahison des ouvertures révolutionnaires de 1936 en France et de la révolution espagnole de 1936-1939. Ces défaites ont rendu inévitable la deuxième guerre mondiale impérialiste et ouvert la voie à l’Holocauste.
« Des organisations qui se disent socialistes, a-t-il ajouté, défendent aujourd’hui le Hamas et la guerre meurtrière menée par Vladimir Poutine contre le peuple ukrainien. Les héritiers de Staline et de Mao militent sur les campus et ailleurs. » Comme elles l’ont fait dans le passé, les mêmes forces staliniennes défendent aujourd’hui un « front populaire » contre le fascisme, fondé sur la collaboration de classe avec les deux partis des patrons et des banquiers.
Sandler a décrit l’ampleur des rafles menées par le gouvernement contre les immigrés, qui conduisent à l’emprisonnement et à l’expulsion de milliers de travailleurs. « Les candidats du Parti socialiste des travailleurs à travers le pays réclament l’amnistie pour les travailleurs sans papiers. C’est une mesure pour empêcher les patrons de nous diviser. Le mouvement syndical doit prendre l’initiative sur cette question de vie ou de mort. » Sandler a cité en exemple le soutien apporté par le syndicat SMART à un de ses membres, Kilmar Abrego García, et à ses partisans dans leur lutte contre les efforts du gouvernement pour l’expulser et intimider d’autres travailleurs sans papiers.
« Une résistance sérieuse se développe au sein de la classe ouvrière, a dit Sandler, comme le montrent la grève des agents de bord d’Air Canada, qui ont refusé de se plier aux ordres du gouvernement de reprendre le travail, et celle des éboueurs de Republic Services pour l’égalité salariale, qui tiennent bon après plus de 50 jours sur les lignes de piquetage. » Il est essentiel d’organiser la solidarité avec ces luttes.
« Les candidats du SWP à travers le pays sont pris au sérieux, a-t-il conclu. Ce que nous défendons semble plus convainquant aux travailleurs que dans les années passées. » Au cœur du programme du SWP se trouve « la nécessité pour la classe ouvrière de prendre le pouvoir politique et de commencer à transformer la société de fond en comble. La construction de partis révolutionnaires est décisive pour faire avancer cette perspective à l’échelle mondiale.
« Nous invitons les travailleurs à rejoindre le Parti socialiste des travailleurs. »