ÉDITORIAL

La gauche « woke » normalise la violence et les libéraux s’adaptent à elle

le 13 octobre 2025

Il est essentiel pour la classe ouvrière de comprendre clairement les questions soulevées par le meurtre de Charlie Kirk, un partisan du président Donald Trump, par Tyler Robinson. L’article de Terry Evans publié la semaine dernière dans le Militant, « La gauche « woke » salue les attaques violentes visant à faire taire les opposants politiques », était une contribution importante à cette discussion. Mais nous aurions dû préciser qu’il s’agissait d’une correction de l’article de la semaine précédente, « Des années de diabolisation de Trump par les libéraux ont conduit au meurtre de Charlie Kirk ».

Ce sont des années de promotion et d’utilisation de la violence par la gauche « woke » petite-bourgeoise pour « annuler » ceux qui ne sont pas d’accord avec elle qui ont conduit à ce meurtre. Les libéraux ne sont pas à l’origine de la violence, mais ils s’adaptent à la gauche et à ses méthodes brutales, et lui trouvent des excuses.

Lorsque nous apportons une rectification, il est important que le Militant le dise explicitement. Cela permet de se concentrer sur les vraies questions auxquelles les travailleurs sont confrontés et de clarifier la voie à suivre.

Le premier article décrivait comment « depuis des années, les libéraux visent Trump et ses partisans de façon virulente ». C’est vrai, mais ça n’explique en rien la banalisation de la violence ces dernières années. Cette violence trouve son origine dans le cours de la gauche radicale anti-ouvrière, en particulier celle éduquée dans le mouvement stalinien.

De nombreux démocrates et la presse libérale ont condamné le meurtre de Kirk, tout en s’attaquant à ses opinions et en essayant de présenter Donald Trump comme le plus grand danger. Et depuis des années, ils se sont adaptés au recours croissant à la violence pour régler les différends politiques.

Aucun des deux articles n’a suffisamment expliqué l’adaptation des libéraux aux forces qui défendent la « culture de l’annulation » – faire taire les opposants politiques – et leur explication « woke » de la politique à partir de la race et du sexe. Cette approche masque le véritable fondement de toute politique : les divisions de classe qui sous-tendent l’exploitation et l’oppression capitalistes.

Les libéraux et la gauche radicale sont profondément enracinés dans la même couche sociale, la méritocratie petite-bourgeoise qui s’est développée au cours des dernières décennies.

Ces tendances ont pris de l’ampleur en 2020, lorsque les dirigeants du mouvement Black Lives Matter, les antifa et d’autres se sont livrés pendant des semaines à des émeutes et du pillage à la suite de la mort de George Floyd au Minnesota. Les démocrates qui contrôlaient les grandes villes où la violence était la plus forte se sont distanciés de celle-ci, tout en disant la « comprendre » et en la laissant largement faire sans intervenir.

Après le début des manifestations pour George Floyd, la mairesse démocrate de Seattle Jenny Durkan s’est présentée comme une opposante à la brutalité policière. Elle a retiré les flics d’un quartier de six pâtés de maisons et laissé des voyous radicaux armés en prendre le contrôle. Cela a conduit à la mort par balle de deux adolescents noirs. Personne n’a été arrêté. Après trois semaines de chaos, la mairesse a ordonné aux flics de disperser la « protestation ».

Après le meurtre de Kirk, Julia Xu, étudiante à l’université d’Oberlin, a déclaré : « Nous devons relancer les assassinats politiques », disant en être venue à cette conclusion après avoir étudié Mao Tsé-toung.

La présidente libérale de l’université, Carmen Twillie Ambar, s’est empressée de prendre la défense de l’étudiante en disant que l’université « encourage le dialogue courtois et réfléchi » et le désir de « faire du bien dans ce monde ».

Mais quelques années plus tôt, l’université avait mobilisé les étudiants pour qu’ils ciblent, boycottent et attaquent la boulangerie Gibson, un magasin établi de longue date dans la ville, sous prétexte que ses propriétaires étaient « racistes » après qu’un étudiant, qui était noir, avait été arrêté pour vol à l’étalage. Aucun « dialogue » dans ce cas-là.

Parmi les travailleurs, il y a un intérêt grandissant pour discuter une voie en avant indépendante des deux principaux partis du patronat. Ceci est particulièrement vrai face à la crise capitaliste mondiale qui s’approfondit et à la marche de plus en plus marquée des dirigeants impérialistes vers une troisième guerre mondiale.

Un plus grand nombre de travailleurs sont ouverts à discuter pourquoi les luttes contre l’oppression nationale, la haine des Juifs et le statut de seconde classe des femmes sont inextricablement liés à la fin de l’exploitation capitaliste. Et pourquoi le progrès de ces luttes dépend de la défense inconditionnelle de la liberté d’expression, de réunion et d’autres protections assurées par la Constitution américaine.

Mais la classe ouvrière n’a aujourd’hui aucune direction de lutte de classe et encore moins son propre parti de masse. Les forces radicales petite-bourgeoise opèrent dans ce vide avec des conséquences mortelles. Et les libéraux s’y adaptent, leur laissant le champ libre.

Contrairement à l’utilisation croissante de méthodes brutales pour cibler des opposants politiques, le Parti socialiste des travailleurs (SWP) se bat pour assurer le débat et la discussion le plus larges possibles. C’est nécessaire afin de clarifier les questions politiques et la voie ouvrière à suivre. L’objectif du SWP est de construire un parti capable de mener la classe ouvrière à prendre le pouvoir politique et construire un monde nouveau.