ÉDITORIAL

L’impérialisme US et la catastrophe au Venezuela

le 13 juillet 2026

Le bilan total des victimes des deux séismes dévastateurs qui ont frappé à 160 km à l’ouest de Caracas, au Venezuela, reste inconnu. Près de 2 000 personnes ont été retrouvées mortes et des milliers d’autres sont toujours portées disparues. Ce qui est certain, c’est que l’ampleur des pertes humaines et des destructions n’était pas inévitable.

Ce sont les travailleurs vénézuéliens qui subissent le plus durement les conséquences de cette catastrophe, malgré les initiatives et les actions de solidarité qu’ils ont entreprises pour s’entraider et tenter de retrouver leurs proches et leurs amis. De nombreux bénévoles sont venus participer aux opérations de secours en utilisant tous les outils qu’ils ont bien pu trouver. D’autres donnent ou livrent de la nourriture, de l’eau, des outils et du matériel médical.

« Au moment où ils ont le plus besoin d’aide, rapporte le Washington Post, les gens ordinaires ont eux-mêmes mené les opérations de secours et de recherche des victimes. »

Par une cruelle ironie du sort, certaines des victimes venaient tout juste d’arriver au Venezuela ce jour-là après avoir été expulsées des États-Unis. Elles avaient été placées dans des centres de détention gérés par l’État qui se sont effondrés lors du tremblement de terre.

La course au profit des capitalistes au pouvoir au Venezuela et des décennies d’exploitation impérialiste et de très sévères sanctions US ont eu un effet certain : la population du Venezuela, pays riche en ressources, s’est retrouvée sans la moindre protection lorsque la catastrophe a frappé et sans préparation pour lancer les opérations de secours nécessaires.

Contrairement aux logements de la classe dirigeante, ceux de la majorité qui travaille ne sont pas construits pour résister aux tremblements de terre. Ils sont bâtis en maçonnerie de briques non armées et en blocs de terre crue. Depuis des années, les services publics sont laissés à l’abandon. L’approvisionnement sporadique en eau courante, les coupures d’électricité périodiques et les hôpitaux mal approvisionnés entravent les efforts de secours. La machinerie lourde et les excavatrices nécessaires au sauvetage des survivants font cruellement défaut.

Les conditions de crise vécues depuis des années par les travailleurs se sont agravéées à la suite de l’invasion et de la capture du président Nicolás Maduro par les dirigeants US. Washington affiche ouvertement son objectif que lui et les géants pétroliers « dirigent le pays ». Depuis, le gouvernement US s’est emparé de milliards de dollars en recettes des exportations pétrolières du Venezuela.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé la semaine dernière qu’il allait se lancer dans un programme de restructuration de dette de 240 milliards de dollars, le plus important de l’histoire. Élaboré en collaboration avec des institutions financières US, ce plan fera assurément peser sur les épaules des travailleurs le fardeau du remboursement des détenteurs d’obligations. Ce qui est réellement nécessaire, c’est l’annulation immédiate et sans conditions des dettes du pays.

Washington cherche à tirer parti de la catastrophe sociale qui a suivi le tremblement de terre pour renforcer sa domination sur le Venezuela. Les responsables US affirment planifier le financement d’un effort de « reconstruction ». Mais celui-ci sera organisé de manière à profiter aux banques US qui accordent les prêts, tout en renforçant la dépendance du Venezuela vis-à-vis de l’empire du Nord.

Les dirigeants US sont déterminés à rétablir leur domination sur l’hémisphère occidental afin d’accroître leur poids face à leurs rivaux dans le monde, de Beijing aux classes dirigeantes européennes. La révolution socialiste cubaine est une cible particulière. Le blocus pétrolier, l’aggravation des sanctions, les accusations portées contre le dirigeant cubain Raúl Castro et les menaces proférées contre Cuba par Washington visent à ramener une nouvelle fois ce pays à un statut de colonie.

C’était contre ces conditions que les travailleurs et les paysans de Cuba se sont soulevés en 1959, se joignant à Fidel Castro et à l’Armée rebelle pour renverser la dictature de Fulgencio Batista que soutenaient les États-Unis. Washington vise à supprimer l’exemple que la Révolution cubaine donne aux travailleurs face à la crise capitaliste actuelle et à l’accélération de la course vers une guerre mondiale.

La défense de la souveraineté nationale du Venezuela et de Cuba est dans l’intérêt des travailleurs des États-Unis et du monde entier. Forces US hors des Caraïbes ! États-Unis, ne touchez pas au Venezuela ! États-Unis, ne touchez pas à Cuba !