Le mouvement syndical doit répondre aujourd’hui à un défi crucial : défendre et aider à diriger la lutte pour les 11 millions de travailleurs sans « papiers en règle » aux États-Unis. C’est vital pour empêcher les déportations et surmonter les divisions que les patrons cherchent à fomenter entre les travailleurs nés aux États-Unis et ceux qui sont nés à l’étranger, dans le but de tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail et de vie de tous les travailleurs. Leur stratégie de diviser pour régner vise à convaincre les travailleurs nés aux États-Unis que les immigrants sont responsables pour la détérioration des conditions auxquelles nous sommes tous confrontés, pas la course aux profits des patrons.
Les manifestations organisées dans tout le pays le 1er mai, journée prévue pour des mobilisations de la classe ouvrière, sont une occasion de soutenir cette lutte, ainsi que les combats menés à travers le pays par les travailleurs qui font face aux attaques des patrons et de leur gouvernement.
Il existe un puissant précédent pour cela. En 2006, plus de deux millions de travailleurs immigrants et de sympathisants dans plus de 140 villes et agglomérations à travers le pays sont descendus dans la rue le 1er mai et ont manifesté derrière des banderoles qui disaient : « Nous ne sommes pas des criminels ! Nous sommes des travailleurs ! » Ils ont manqué le travail et manifesté avec le soutien de leurs voisins et de leurs compagnons de travail. Ils ont inspiré des travailleurs de tous les horizons à se joindre à eux et ont réussi à repousser le tristement célèbre projet de loi Sensenbrenner, qui aurait fait un crime d’être aux États-Unis sans papiers. Ils ont porté des coups aux préjugés contre les immigrants.
Si nos syndicats prenaient la tête d’une lutte pour l’amnistie, cela renforcerait les grèves en cours. Cela aiderait les travailleurs à comprendre que nous avons tous des intérêts de classe communs – quel que soit notre lieu de naissance. Nos intérêts sont radicalement opposés à ceux des dirigeants capitalistes et de leurs partis politiques. Un tel mouvement renforcerait l’unité des travailleurs et notre capacité d’agir par dizaines de millions, à remporter des victoires contre ceux qui cherchent à nous exploiter et à nous opprimer et à jeter les bases pour prendre le pouvoir politique entre nos propres mains.
La surexploitation des travailleurs immigrants par les patrons – qui est aujourd’hui une réalité partout dans le monde – est essentielle à leurs profits. Les gouvernements servent les patrons en ouvrant et fermant les vannes de l’immigration selon leurs besoins de production. Les préjugés contre les immigrants que les dirigeants US encouragent font écho à leurs appels chauvins pour convaincre les travailleurs de servir de chair à canon dans les guerres impérialistes de Washington à l’étranger.
Les rafles et les expulsions menées aussi bien sous les administrations démocrates que républicaines ne visent pas à empêcher les patrons d’embaucher des immigrants. Elles visent à créer une couche de parias dans la classe ouvrière, moins protégée contre l’exploitation et qui travaille et vit dans la peur. Les dirigeants sont aidés par les libéraux qui disent aux travailleurs immigrants de rester chez eux et de fermer la porte à clé pendant qu’ils appellent le Parti démocrate à l’aide. C’est un obstacle à la construction d’un mouvement comme celui qui a éclaté en 2006, un mouvement qui a mis en évidence la capacité de lutte d’une classe ouvrière unie.
Au début de l’année, des manifestations disciplinées et soutenues par les syndicats pour défendre les immigrants ont rassemblé des milliers de personnes au Minnesota. Au cours du mois dernier, des rassemblements ont réclamé dans plusieurs villes l’arrêt de la campagne de l’administration pour mettre fin au Statut de protection temporaire accordé aux réfugiés originaires d’Haïti, du Venezuela et de plus d’une douzaine d’autres pays qui vivent et travaillent aux États-Unis.
Des dizaines de millions de travailleurs nés aux États-Unis et immigrants vivent, travaillent et envoient leurs enfants à l’école ensemble depuis des décennies. Nous sommes révoltés par ceux qui nous disent que les travailleurs sans papiers sont nos ennemis.
Les enjeux de la bataille politique contre les attaques du gouvernement et des patrons contre les immigrants concernent l’avenir du mouvement syndical, « tout comme la lutte contre la ségrégation de Jim Crow dans les années 1950-1960 et tout comme c’est encore le cas aujourd’hui dans la lutte incessante contre toute forme de racisme et de discrimination, » explique Mary-Alice Waters, dirigeante du Parti socialiste des travailleurs, dans le livre Une révolution socialiste est-elle possible aux États-Unis ?
La lutte pour une amnistie va aussi transformer les relations sociales et ouvrir de nouvelles perspectives pour faire avancer les luttes ouvrières. Joignez-vous aux actions du 1er mai et faites-en une étape vers un combat continu !

