Parallèlement à son blocus pétrolier et à ses sanctions financières accrues visant à étrangler l’économie cubaine et à asphyxier le peuple cubain, le gouvernement de Washington a lancé une nouvelle attaque contre les partisans de la révolution cubaine aux États-Unis. Cette attaque contre les partisans de la révolution cubaine porte un coup aux droits constitutionnels durement acquis et absolument nécessaires de la liberté d’expression et d’association.
Fox News Digital a rapporté que le gouvernement a dressé une liste noire de 145 organisations et individus faisant partie de ce qu’il a appelé l’« écosystème pro-communiste de Cuba » : des groupes politiques, notamment le Parti socialiste des travailleurs, un certain nombre de syndicats et d’autres organisations et individus.
Dans le cadre de son offensive contre Cuba et de sa campagne de dénigrement anticommuniste, le département d’État a publié le 20 juillet un rapport de 100 pages intitulé « Cuba : la capitale du communisme au 21e siècle ». Il y affirme que Cuba est « exceptionnellement dangereuse » et se consacre à « l’exportation violente du communisme à l’étranger ».
Ce document déforme complètement la réalité en soutenant que « depuis près de sept décennies, le régime cubain mène une campagne soutenue de subversion contre les États-Unis. »
En fait, ce sont les dirigeants US qui ont mené une guerre politique et économique sans fin contre la révolution cubaine, ce qui comprend l’invasion de Cuba par des contre-révolutionnaires la baie des Cochons en 1961 et plusieurs tentatives avortées d’assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro. Aujourd’hui, Washington intensifie cette campagne et menace d’attaquer militairement le peuple cubain.
La diatribe anticommuniste du département d’État accuse Cuba de soutenir « une vague sans précédent de terrorisme de gauche en sol américain. » Il accuse également un certain nombre de dirigeants de la lutte pour les droits des Noirs d’avoir été des agents cubains, dont Malcolm X et Robert F. Williams.
Le document du département d’État vise tout particulièrement cinq révolutionnaires cubains – Gerardo Hernández, René González, Ramón Labañino, Antonio Guerrero et Fernando González – qui ont été victimes d’un coup monté par Washington en 1998 et emprisonnés jusqu’à 16 ans pour « complot » et « espionnage » contre les États-Unis. Ils ont aussi été accusés d’être des « agents étrangers non déclarés ».
En réalité, les cinq étaient venus aux États-Unis pour recueillir des informations pour La Havane sur les projets de groupes cubains américains contre-révolutionnaires soutenus par Washington, qui depuis longtemps organisaient des attentats à la bombe, des assassinats et d’autres actes de violence depuis les États-Unis contre Cuba et contre les partisans de la révolution cubaine aux États-Unis et à Porto Rico.
Le 23 avril, Washington a relancé son coup monté contre les Cinq Cubains en accusant formellement le dirigeant révolutionnaire cubain Raúl Castro et cinq pilotes de l’armée de l’air cubaine de « complot visant à tuer des ressortissants US » pour la destruction en vol en 1996 de deux avions pilotés par des membres de l’organisation contre-révolutionnaire Brothers to the Rescue [Frères à la rescousse] alors qu’ils envahissaient l’espace aérien cubain.
Citations à comparaître du gouvernement
Le 21 juillet, la Commission des finances de la Chambre des représentants a émis des citations à comparaître contre trois organisations de gauche à but non lucratif qui ont publiquement défendu Cuba : le Forum du peuple, le média BreakThrough News et l’Institut tricontinental de recherche sociale.
Le président de la commission Jason Smith affirme que chacune a reçu des millions de dollars « de Neville Roy Singham et son épouse par l’intermédiaire de sociétés écrans », ce qui selon lui « soulève de sérieuses questions concernant l’influence étrangère sur une organisation exonérée d’impôt. »
La tirade du département d’État accuse également Singham de diriger un « réseau » qui finance des voyages vers des « nations hostiles », dont Cuba.
La commission de la Chambre dit qu’elle enquête pour savoir si les lois existantes sur les organisations exonérées d’impôt doivent être renforcées afin de limiter « l’influence étrangère ». Les accusations qu’elle porte contre les trois groupes exposent celles-ci à de nouvelles investigations en vertu de la réactionnaire Loi sur l’enregistrement des agents étrangers.
Ancien membre à Détroit de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires, une organisation maoïste, et entrepreneur en technologie qui a fait fortune, Singham est aujourd’hui basé en Chine. Un grand jury fédéral de Manhattan a été mis sur pied en juin pour enquêter sur de présumés crimes financiers qu’il aurait commis. Les trois organisations visées par la récente enquête de la Chambre des représentants protestent contre les attaques du gouvernement à l’encontre de leurs droits protégés par le premier amendement à la Constitution des États-Unis.
L’initiative de la commission de la Chambre des représentants fait suite aux citations à comparaître émises en mai par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor aux citoyens américains qui ont participé en mars au « Convoi Nuestra América », qui avait livré 20 tonnes d’aide humanitaire à Cuba.
Cibles du département d’État
Le rapport du département d’État vise aussi 43 groupes et individus, dont Ben Cohen des glaces Ben & Jerry’s ; les maires de New York, Zohran Mamdani, et de Los Angeles, Karen Bass ; des personnalités médiatiques comme Amy Goodman et Hasan Piker ; ainsi que des organisations comme les Socialistes démocrates d’Amérique et le Syndicat des travailleurs d’Amazon.
Et sous la rubrique « Exporter la révolution », le document affirme faussement que le comité Fair Play pour Cuba, fondé en avril 1960 pour construire une opposition aux attaques de Washington contre Cuba, était « financé par le nouveau régime de Castro ». En réalité, Fair Play était financé par ceux aux États-Unis qui étaient déterminés à faire connaître la vérité sur la révolution cubaine.
En 1962, Fidel Castro a répondu à « l’accusation que Cuba veut exporter sa révolution ».
« Les révolutions ne s’exportent pas, elles sont faites par les peuples. Ce que Cuba peut donner aux peuples, et leur a déjà donné, c’est son exemple. » Ce que la Révolution cubaine enseigne, a-t-il dit, c’est « que la révolution est possible ».
