NATIONS UNIES – Après deux jours de débats souvent acrimonieux à l’Assemblée générale des Nations Unies les 27 et 28 octobre, les délégués ont voté à une écrasante majorité d’adopter une motion présentée par Cuba et intitulée « Nécessité de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba ». Celle-ci dénonçait la guerre économique menée depuis plus de 65 ans par Washington contre le peuple cubain et sa révolution socialiste. Le résultat du vote a été de 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions. Les 21 autres membres de l’ONU n’ont pas pris part au vote.
Si ce vote reflète une opposition significative aux sanctions brutales de Washington contre Cuba, la campagne de pression musclée menée par les dirigeants US a produit ses effets. Les 130 voix « pour » représentent en recul de 35 par rapport à l’an dernier et les 17 voix « contre » une augmentation de 10.
« Il n’y a pas de blocus », a prétendu avec arrogance Mike Waltz, représentant des États-Unis à l’ONU, dans son discours devant l’assemblée. « Un blocus, c’est un cordon de navires militaires autour d’une île. Il n’y a rien de tel. »
Il a proféré une menace voilée à l’encontre de tout pays qui voterait « pour » la motion cubaine : « Vous êtes complices. »
Pour l’essentiel, le reste de son intervention a consisté à accuser de corruption, de répression et d’incompétence les dirigeants élus de Cuba.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a présenté la motion de Cuba. « Une grande puissance, a-t-il dit, s’en prend à un État membre de cette organisation – une petite nation indépendante, pacifique et fraternelle – en lui faisant subir une guerre économique. »
Il a fait remarquer que le débat se déroulait « dans un contexte nouveau et extraordinaire », alors que les dirigeants US ont « mené une campagne de pression, d’intimidation et de chantage à l’encontre de nombreux États membres, en exigeant de manière coercitive, illégale, immorale et injustifiée qu’ils changent leur position traditionnelle » en faveur de Cuba.
Il a dit que Washington « a ouvertement menacé d’utiliser la force militaire et imposé des dizaines de nouvelles mesures de coercition économique en plus de celles qui existent depuis des décennies. »
Aujourd’hui, « le blocus tue et punit silencieusement notre population comme jamais auparavant », a-t-il noté en soulignant l’impossibilité pour Cuba de se procurer des médicaments, ce qui a entraîné une forte hausse du taux de mortalité infantile et empêché 100 000 Cubains, dont plus de 12 000 enfants, de recevoir les interventions chirurgicales dont ils ont besoin.
Il a dit que le blocus américain était « conçu pour causer le plus de dégâts possibles le plus rapidement possible à l’encontre de tout un peuple », le décrivant comme « une tentative de provoquer une crise humanitaire à Cuba et de s’en servir comme une arme ». Mais, a-t-il ajouté, le gouvernement et le peuple cubains prennent des mesures pour se réorganiser, trouver des moyens d’avancer et résister. « Nous continuerons à défendre notre indépendance et notre souveraineté nationale. »
Rodríguez a conclu en rappelant que l’année 2026 marque le centenaire de Fidel Castro, avant d’ajouter : « Nous répétons avec lui : La patrie ou la mort, nous vaincrons. »
Les représentants de plusieurs autres pays ont pris la parole pour soutenir la motion de Cuba contre le blocus américain. « Le Cap-Vert et Cuba continuent d’entretenir des relations d’amitié de longue date, fondées sur la solidarité, le respect mutuel et des valeurs communes », a dit Tania Serafim Yvonne Romualdo, représentante de ce pays auprès de l’ONU. « Cuba a fait une contribution inestimable à notre développement national. »
Les combattants cubains ont joué un rôle clé dans la lutte pour l’indépendance en Guinée-Bissau et au Cap-Vert.
Lorsque Waltz a proféré ses calomnies contre Cuba, Rodríguez a demandé un point d’ordre et a dit au représentant US : « Vous êtes un menteur ! » Dans une démonstration d’arrogance impériale, Waltz a rétorqué : « Vous comprenez à qui vous avez affaire ? Nous sommes l’Amérique. Dégagez. »
Des dizaines de militants, travailleurs et autres partisans de Cuba aux États-Unis occupaient le balcon de l’ONU pour exprimer leur soutien à la motion.