Défendons le droit d’Israël à exister en tant que refuge face à un nouvel Holocauste

Seth Galinsky
le 27 octobre 2025
Le Hamas a publié des vidéos de ses exécutions à Gaza de Palestiniens qu’il accusait d’être des « collaborateurs » d’Israël. Il se sait largement détesté par les Palestiniens de Gaza et cherche à intimider la population pour l’empêcher de contester ses efforts pour rétablir son régime dictatorial.
CAPTURE D’ÉCRAN D’UNE VIDÉOLe Hamas a publié des vidéos de ses exécutions à Gaza de Palestiniens qu’il accusait d’être des « collaborateurs » d’Israël. Il se sait largement détesté par les Palestiniens de Gaza et cherche à intimider la population pour l’empêcher de contester ses efforts pour rétablir son régime dictatorial.

La libération par le Hamas des 20 otages encore en vie — affamés, torturés et brutalisés pendant 738 jours après avoir été kidnappés par le groupe antisémite lors du pogrom du 7 octobre 2023 — a été fêté à travers Israël et au-delà. Mais cela ne signifie pas que la paix règne.

Le Hamas dit qu’il ne désarmera pas, une exigence clé d’Israël, et profite déjà du cessez-le-feu pour se regrouper, rétablir son pouvoir, attaquer ses opposants politiques dans les rues de Gaza et préparer de nouvelles attaques contre les Juifs. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a averti le Hamas qu’il devra rendre ses armes « de gré ou de force ».

Washington a intensifié la pression sur Israël et le Hamas pour qu’ils acceptent le fragile cessez-le-feu. Les dirigeants US considèrent la poursuite de la guerre défensive menée par Israël pour détruire le Hamas comme un obstacle au progrès de leurs propres intérêts au Moyen-Orient et dans le reste du monde. Ceci comprend garantir l’exploitation par les États-Unis du gaz, du pétrole et des autres ressources de la région et mettre sur pied une alliance de régimes capitalistes dans le but de contrer Beijing, le principal concurrent de Washington dans le monde.

« Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort », a déclaré le président Donald Trump dans son discours devant la Knesset israélienne le 13 octobre. « C’est l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient. » Mais les paroles de Trump masquent la réalité : rien n’a été résolu à Gaza. Tant que le Hamas existera, il menacera l’existence d’Israël et cherchera à mener d’autres pogroms.

Le président Donald Trump avec, de gauche à droite, les chefs d’État de la Turquie, de l’Égypte, du Qatar et de la Jordanie lors de la conférence « de paix » du 13 octobre en Égypte, alors que Washington cherche à mettre sur pied une alliance.
Yoan Valat/Pool via ReutersLe président Donald Trump avec, de gauche à droite, les chefs d’État de la Turquie, de l’Égypte, du Qatar et de la Jordanie lors de la conférence « de paix » du 13 octobre en Égypte, alors que Washington cherche à mettre sur pied une alliance.

La libération des otages vivants et la restitution des dépouilles d’au moins sept autres ont lieu deux ans après que le Hamas, entraîné, financé et armé par le régime réactionnaire de Téhéran, a déclenché la guerre en massacrant 1 200 personnes, en prenant 251 otages et en violant et mutilant des dizaines de femmes. Il s’agit du pire pogrom anti-juif depuis l’Holocauste.

Avant la libération des otages, les Forces de défense israéliennes, qui avaient encerclé les derniers bastions du Hamas, ont interrompu leur offensive et retiré leurs troupes vers une nouvelle ligne défensive où elles contrôlent toujours 53 % de la bande de Gaza.

Israël a aussi libéré quelque 250 membres du Hamas, du Jihad islamique, du Front populaire de libération de la Palestine et du Fatah condamnés pour des meurtres et autres actes terroristes commis en Israël. Plus de 150 d’entre eux ont été expulsés vers l’Égypte. Israël a également libéré quelque 1 700 Gazaouis détenus depuis le début de la guerre.

Rien dans la deuxième phase du plan de Trump n’a fait l’objet d’un accord. Selon le plan de la Maison-Blanche, les tunnels et les structures de production d’armes du Hamas doivent être détruits et ses armes mises hors service. Mais le plan en 20 points ne précise nulle part comment cela se fera, ni par qui ni quand.

Un « gouvernement de transition d’un comité palestinien technocratique et apolitique » serait chargé de diriger Gaza, sous la supervision d’un « Conseil de paix » présidé par Trump. Une « Force internationale de stabilisation » maintiendrait l’ordre à Gaza, mais aucun gouvernement ne s’est engagé à en faire partie jusqu’à présent.

Trump donne le feu vert au Hamas

Alors que Trump terminait son voyage en Israël, un journaliste l’a interrogé sur les brutes du Hamas qui maintenaient « l’ordre » dans les rues de Gaza. « Ils cherchent à mettre fin aux problèmes et ne s’en cachent pas, a-t-il répondu, et nous leur avons donné notre accord pour un temps. »

Depuis le début du cessez-le-feu, le Hamas a intensifié ses attaques contre les Gazaouis qui s’opposent à son régime dictatorial, tuant au moins 32 personnes lors d’affrontements avec des clans. Trump a continué à donner son feu vert au Hamas. Ce dernier « a bien éliminé deux ou trois gangs qui étaient très mauvais », a dit Trump à la Maison-Blanche le 14 octobre. « Pour être honnête avec vous, ça ne m’a pas beaucoup dérangé. Ça me va. »

« Il n’y a aucune différence avec d’autres pays comme le Venezuela [qui] ont envoyé leurs gangs chez nous. »

En réalité, le plus grand gang de Gaza, c’est le Hamas d’inspiration nazie. Il est contesté par des forces rivales, dont certaines ont des liens avec l’Autorité palestinienne. Celles-ci cherchent à tirer parti de la raclée qu’Israël lui a infligée et de la haine croissante à Gaza envers cette force anti-ouvrière.

Le Hamas a les yeux rivés sur des forces plus sérieuses : les milliers de travailleurs gazaouis qui détestent son régime. Plus tôt cette année, des manifestations ont éclaté où les participants ont scandé « Hamas dehors ! Dehors ! ».

Dans une déclaration faite après l’annonce du cessez-le-feu, le Hamas a juré « de rester fidèle à la charte ». Il s’agit de son document fondateur de 1988, qui stipule que l’objectif du Hamas est de tuer les Juifs et de détruire Israël.

Illusions dans l’impérialisme américain

La veille de la libération des otages, le gendre de Trump Jared Kushner et l’envoyé américain au Moyen-Orient, Steven Witkoff, se sont adressés à une foule nombreuse à Tel-Aviv.

Ils ont présenté Washington comme un ami loyal dans la défense d’Israël. Beaucoup dans la foule ont scandé : « Merci Trump, merci Kushner, merci Witkoff ». Mais l’idée que les impérialistes américains sont déterminés à défendre le droit d’Israël à exister est une illusion, qui comporte de grands dangers pour la lutte contre la haine des Juifs.

Les dirigeants US ne cherchent pas à défendre les droits nationaux des Juifs ou des Palestiniens, mais à renforcer leur propre domination du Moyen-Orient. C’est essentiel s’ils veulent consolider leur pouvoir en déclin dans le monde entier.

Dans son discours devant la Knesset, Trump a déclaré : « La main de l’amitié et de la coopération est tendue » au régime de Téhéran. Mais l’objectif central de Téhéran, tout autant que du Hamas, c’est la destruction d’Israël.

Le jour même, Trump s’est envolé de Tel Aviv vers l’Égypte pour assister à un sommet sur « La paix au Moyen-Orient » qu’il coprésidait avec le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi. Ce sommet, où aucune décision n’était prévue, a réuni les chefs d’État ou de hauts responsables de 20 pays, dont la Jordanie, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, la Turquie, l’Indonésie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, tous en quête d’une part du gâteau. Téhéran a refusé une invitation pour y assister. Nétanyahou a dit qu’il avait d’autres obligations.

Le président Donald Trump avec, de gauche à droite, les chefs d’État de la Turquie,
de l’Égypte, du Qatar et de la Jordanie lors de la conférence « de paix » du 13 octobre en Égypte,
alors que Washington cherche à mettre sur pied une alliance.

Trump a veillé à se faire photographier en train de sourire aux côtés du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Un message peu subtil à l’endroit d’Israël pour lui faire comprendre que les dirigeants US maintiendront la pression pour que Tel-Aviv cesse de s’opposer à ce que l’Autorité palestinienne joue un rôle clé dans la gouvernance de Gaza.

Trump, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le chef d’État du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani et le président égyptien al-Sissi ont tous signé la « Déclaration Trump pour une paix et une prospérité durables ».

Le Hamas est l’ennemi des Gazaouis et des Israéliens

Plus d’informations sont en train d’émerger sur les sévices que le Hamas a fait subir aux otages. Certains ont perdu jusqu’à 40 % de leur poids pendant leur captivité.

Tal Shoham, un otage libéré en février, a décrit au Times of Israel comment de nombreux otages ont été « intentionnellement affamés » par le Hamas ou ses alliés.

Shoham a déclaré avoir été témoin des « pensées et actions sadiques du Hamas, non seulement envers les Israéliens, mais aussi envers les Gazaouis. » Il a vu une brute du Hamas tirer dans les genoux d’un Gazaoui simplement parce qu’il « avait l’air suspect ». Puis, après qu’une équipe d’ambulanciers a commencé à soigner l’homme, les tueurs l’ont achevé parce qu’« ils avaient décidé qu’il devait mourir ».

Les travailleurs d’Israël et de Gaza cherchent des moyens pour mettre fin au régime du Hamas, ce qui supprimerait le plus grand obstacle auquel ils font face pour faire avancer leurs intérêts de classe et leurs aspirations nationales.

« Les gens ont peur. Ils ne savent pas si le Hamas va renoncer au pouvoir ou pas », a déclaré Izz al-Din Shihab, originaire du sud de Gaza, au Times of Israel après le début du cessez-le-feu. « Nous avons manifesté contre eux plus d’une fois. »

« Oui, les gens sont plutôt contents du cessez-le-feu, a-t-il dit. Mais après ? Quelle sera la suite ? »