L’absence d’aide de la part de Washington en réponse aux ravages causés par l’ouragan Melissa en Jamaïque et dans plusieurs autres pays des Caraïbes met en lumière les conséquences mortelles pour les travailleurs des priorités économiques et sociales des familles capitalistes au pouvoir aux États-Unis.
À l’opposé, la réponse du gouvernement cubain montre ce que les travailleurs peuvent accomplir avec le soutien d’un gouvernement qui mobilise ses ressources et la solidarité ouvrière pour s’assurer que personne ne soit abandonné à son sort.
L’ouragan a frappé la Jamaïque le 28 octobre avec une force de catégorie 5, l’une des plus grosses tempêtes de l’histoire des Caraïbes. Le lendemain, il a frappé Cuba avec une force de catégorie 3. Il s’est affaibli en traversant l’île avant de se diriger vers Haïti, les Bahamas, les Bermudes et l’océan Atlantique.
En Jamaïque, 32 personnes sont mortes. Pas un centimètre de la ville de Black River n’a été épargné par la tempête. Le lendemain, les habitants ont dû marcher des kilomètres pour se procurer de la nourriture, de l’eau et d’autres produits de première nécessité. Aucune aide n’était arrivée et personne ne savait quand elle viendrait. D’autres communautés durement touchées sont restées isolées à cause du manque d’équipement pour dégager les routes endommagées. Les petits agriculteurs et pêcheurs font face à des conséquences durables pour leurs revenus à cause des pertes en récoltes et en équipements.
Haïti, où les travailleurs font déjà face à la catastrophe sociale des gangs meurtriers et aux conséquences de catastrophes naturelles précédentes, a évité le passage direct de l’ouragan. Mais au moins 43 personnes ont perdu la vie dans des inondations après qu’une rivière a débordé. Alors que la douloureuse tâche de ramasser les morceaux commence, le bilan humain risque de s’alourdir.
« Personne n’a été abandonné à Cuba »
En revanche à Cuba, plus de 700 000 personnes ont été évacuées des zones à risque avant que la tempête ne frappe, avec pour résultat que personne n’a été tué.
Les catastrophes sociales et économiques provoquées par des ouragans comme Melissa et d’autres phénomènes naturels ne sont pas inévitables. Elles peuvent être réduites par un gouvernement qui mobilise d’avance les ressources et s’organise pour protéger les travailleurs, en particulier les plus vulnérables. Évidemment, cela s’oppose aux priorités du système de profit capitaliste.
Alors que les travailleurs des pays capitalistes sont laissés à eux-mêmes, c’est le contraire à Cuba où les travailleurs et les agriculteurs ont fait une révolution socialiste et détiennent le pouvoir politique.
Dans les jours qui ont précédé l’arrivée de Melissa, les Comités de défense civile de Cuba se sont mobilisés. Ils se sont adressés à tout le pays par radio et télévision, avertissant la population de se préparer à évacuer. Ils ont même déployé des scooters et d’autres véhicules équipés de haut-parleurs pour diffuser le message.
Avant la tempête, les syndicats, d’autres organisations de masse et le gouvernement se sont joints à la population pour nettoyer les accumulations de déchets et abattre des arbres. La priorité a été de sécuriser les hôpitaux, maisons de retraite, écoles et autres centres utilisés pour héberger les personnes évacuées.
Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées vers des lieux sûrs, la plupart chez des parents ou des amis, et des vivres ont été distribués. Des unités de secours des Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur ont été déployées à proximité des zones à haut risque afin de pouvoir intervenir rapidement.
À Holguín, l’une des provinces cubaines touchées par Melissa, quelque 106 brigades de quartier se sont préparées à travailler avec 1 600 travailleurs des brigades électriques et techniques pour rétablir l’électricité dès que possible.
À Guamo dans la province de Granma, les opérations de sauvetage se sont poursuivies plusieurs jours après le passage de la tempête, car des centaines de personnes sont restées bloquées par la crue des rivières. Alors qu’un train de passagers évacuait quelque 2 000 habitants, il a été stoppé par une inondation qui recouvrait la voie. Après avoir inspecté les lieux, a rapporté le quotidien cubain Juventud Rebelde, l’équipage a décidé de continuer à avancer aussi lentement que possible. Mais un affaissement des voies inondées a provoqué le décrochage des wagons à l’arrière.
Au cours d’une opération très difficile, « que seules la solidarité et à la détermination de tous ont rendue possible », certains passagers ont été transférés dans les wagons de tête tandis que les autres ont été ramenés à Guamo, où ils ont été hébergés à la gare et dans une clinique locale. Personne n’a été blessé.
« Les équipages, ce qui comprend les conducteurs, les mécaniciens, les chauffeurs et les assistants, ont accompli un travail extraordinaire. À tous, nous exprimons notre gratitude », a écrit le ministre cubain des Transports, Eduardo Rodríguez, sur sa page Facebook.
« Nous avons réussi à préserver toutes les vies humaines, malgré la situation compliquée à laquelle nous sommes confrontés », a déclaré Yudelkis Ortiz Barceló, responsable du comité de défense civile de Granma.
Alors que les travailleurs se préparent à reconstruire les logements, rétablir l’électricité et réorganiser la production agricole endommagée par la tempête, le gouvernement US n’a pas reculé d’un centimètre dans sa guerre économique et politique contre le peuple cubain.
La guerre économique de Washington contre Cuba
Depuis plus de six décennies, Washington impose à Cuba de sévères sanctions économiques, financières et commerciales, qui sont la principale cause de la pénurie de pétrole, de médicaments, d’engrais et d’autres produits de base importés pour la production sur l’île. Selon un document du département d’État d’avril 1960, l’objectif ouvert des dirigeants US est « d’affaiblir la vie économique de Cuba » afin de « provoquer la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement ».
Le 29 octobre, alors que l’ouragan Melissa se dirigeait vers Cuba, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté à une écrasante majorité une résolution appelant Washington à mettre fin à sa guerre économique contre le peuple cubain.
« Je m’exprime au nom d’un peuple qui, à l’heure actuelle, fait face à un ouragan gigantesque, avec des ressources très limitées et presque seulement sa détermination, son unité et sa solidarité, » a déclaré à l’assemblée le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez.
Et il a repris les paroles du dirigeant révolutionnaire cubain Raúl Castro dans un message adressé au peuple cubain la veille de la tempête : « Face à ce nouveau défi, nous sortirons également victorieux. »
