Le candidat de la Ligue communiste à Montréal :
« Les travailleurs doivent prendre le pouvoir »

John Steele
le 26 janvier 2026
Joe Young, candidat de la Ligue communiste à l’Assemblée nationale du Québec, a manifesté avec une centaine d’autres personnes devant le consulat américain à Montréal le 11 janvier contre les agissements guerriers de Washington en Amérique latine.
MILITANT/STEVE PENNERJoe Young, candidat de la Ligue communiste à l’Assemblée nationale du Québec, a manifesté avec une centaine d’autres personnes devant le consulat américain à Montréal le 11 janvier contre les agissements guerriers de Washington en Amérique latine.

Montréal — « Le bombardement de Caracas et la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, par Washington le 3 janvier dernier constituent une nouvelle étape importante vers une troisième guerre mondiale impérialiste, sous l’effet de l’approfondissement de la crise du système capitaliste mondial », a déclaré Joe Young à une trentaine de personnes lors d’un Forum ouvrier du Militant spécial ici le 10 janvier. La réunion a lancé la campagne de Joe Young, candidat de la Ligue communiste à l’Assemblée nationale du Québec dans la circonscription électorale de Saint-Laurent. L’élection aura lieu en octobre prochain.

« La Ligue communiste condamne cette violation de la souveraineté vénézuélienne et l’intention affichée de Washington de resserrer son contrôle sur l’ensemble de l’hémisphère », a-t-il affirmé.

Joe Young a expliqué que l’administration du président Donald Trump agissait pour le compte de l’ensemble de la classe dirigeante capitaliste US, surtout pour ses patrons du pétrole qui n’ont jamais pardonné au Venezuela d’avoir nationalisé l’industrie pétrolière. Cela fait partie de la volonté de la classe dirigeante de défendre sa position dominante dans l’hémisphère occidental et à travers le monde.

« Le régime socialiste de Cuba est également une cible directe de cette attaque », a-t-il ajouté. Trente-deux soldats cubains, en mission au Venezuela, ont été tués lors de l’agression. Young a fait remarquer que des milliers de Cubains s’étaient mobilisés à La Havane le 3 janvier pour protester contre l’attaque.

Washington vise à intensifier sa guerre économique et commerciale contre Cuba, qui dure depuis des décennies, en coupant son approvisionnement en pétrole vénézuélien. Cuba a cruellement besoin de pétrole pour faire fonctionner son réseau électrique, a dit Young. Cuba et le Venezuela ont besoin de la solidarité de tous les travailleurs et de nos syndicats.

« Le Congrès du travail du Canada se joint au mouvement syndical international, notamment la Confédération syndicale internationale et la Confédération syndicale des Amériques, pour condamner la récente agression militaire américaine et la violation de la souveraineté du Venezuela », a déclaré le CTC dans un communiqué du 5 janvier.

La complicité d’Ottawa

Le premier ministre Libéral Mark Carney s’est fait le porte-parole des intérêts des familles capitalistes dirigeantes du Canada en déclarant son soutien aux actions militaires de Washington dans les Caraïbes. Il a prétendu que l’attaque US ouvrait « l’opportunité au peuple vénézuélien d’accéder à la liberté, à la démocratie, à la paix et à la prospérité ».

Ottawa a imposé des sanctions économiques contre le Venezuela, a refusé de reconnaître le gouvernement Maduro après sa victoire aux élections de 2018 et a fermé son ambassade l’année suivante.

Les dirigeants capitalistes canadiens, qui ont perdu des terres et des biens lorsque les travailleurs et les agriculteurs cubains ont nationalisé leur patrimoine pendant la révolution cubaine, se sont toujours opposés au gouvernement révolutionnaire, a déclaré Young.

« En 1978, Ottawa a supprimé ses programmes d’aide à Cuba dans le cadre de son opposition à l’héroïque soutien politique et militaire internationaliste de Cuba à la lutte de l’Angola pour repousser les invasions répétées du régime d’apartheid de l’Afrique du Sud. »

Alors qu’Ottawa s’est presque toujours aligné sur la politique étrangère de Washington, l’intensification de la concurrence économique entre les deux rivaux impérialistes accélère la poussée vers la guerre, a dit Joe Young. Il a cité un éditorial du Globe and Mail de Toronto du 4 janvier exhortant Ottawa à faire davantage pour réduire la dépendance économique du Canada vis-à-vis des États-Unis et à dépenser des milliards pour rebâtir les forces armées canadiennes.

Les travailleurs et nos syndicats devraient rejeter les appels à se rallier autour du drapeau et faire partie de « l’Équipe Canada » qui soutient les dirigeants capitalistes canadiens contre ceux des États-Unis. Malheureusement, a dit Joe Young, aujourd’hui l’idée de soutenir « l’Équipe Canada » est également la position des dirigeants syndicaux.

Le Canada est une puissance impérialiste comme les États-Unis, bien que beaucoup plus faible. La classe ouvrière ici n’a aucun intérêt à se battre pour la victoire des familles milliardaires au pouvoir au Canada dans leurs conflits de plus en plus vifs avec les riches au pouvoir aux États-Unis et ailleurs.

Une voie en avant pour la classe ouvrière

« Pour Ottawa, le plus grand affrontement est avec nous : les travailleurs et les agriculteurs qui produisent la plus-value dont la classe dirigeante du Canada tirent ses profits », a dit Joe Young. La marche des dirigeants capitalistes vers la guerre à l’étranger va de pair avec leur guerre qui s’intensifie contre les travailleurs au Canada. C’est ce qui les pousse à redoubler leurs efforts pour utiliser leurs tribunaux et leurs flics pour cibler les droits fondamentaux dont nous avons besoin, comme le droit de grève.

« C’est eux l’ennemi de classe auquel nous sommes confrontés et que nous devons renverser pour construire une société fondée sur la solidarité humaine et non sur l’exploitation capitaliste », a-t-il affirmé. Les travailleurs aux États-Unis sont nos alliés les plus importants dans cette lutte contre notre ennemi commun : les riches classes dirigeantes des deux pays.

Plusieurs intervenants dans le débat animé du forum ont dit que leurs collègues avaient tendance à considérer le président Trump comme le problème.

« Ce n’est pas l’individu, c’est le système capitaliste dont il faut nous débarrasser, a répondu Young. À l’heure actuelle, Trump agit pour le compte de toute la classe dirigeante US en préparant de nouvelles guerres à venir.

« Les deux grandes révolutions socialistes du 20e siècle — la révolution russe de 1917 et la révolution cubaine de 1959, la première révolution socialiste dans les Amériques — sont des exemples pour les travailleurs d’ici et du monde entier, a-t-il déclaré. Grâce à la direction marxiste confirmée constituée par V. I. Lénine en Russie et par Fidel Castro à Cuba, les travailleurs des deux pays ont montré leur capacité à prendre et à conserver le pouvoir politique.

« Ils ont transformé leurs pays et eux-mêmes, a-t-il dit. Nous pouvons faire la même chose ici.

« Ma campagne expliquera que les travailleurs doivent rompre avec les partis et les gouvernements des riches au pouvoir et construire des partis de masse de la classe ouvrière, dotés de la capacité de combat et de l’expérience nécessaires pour organiser des millions de personnes à prendre le pouvoir politique en nos propres mains. C’est l’objectif de la Ligue communiste.

« Je vous invite à faire campagne avec nous et à adhérer à la Ligue. »