Les travailleurs en Ukraine se battent pour défendre leur souveraineté nationale

Roy Landersen
le 20 juillet 2026
Le 2 juillet, plus de 52 000 habitants de Kiev se sont réfugiés dans les stations de métro de la ville lors du bombardement mené par Moscou.
ADMINISTRATION MUNICIPALE DE KIEVLe 2 juillet, plus de 52 000 habitants de Kiev se sont réfugiés dans les stations de métro de la ville lors du bombardement mené par Moscou.

Après près de quatre ans et demi de guerre, l’indomptable peuple ukrainien a réussi dans sa lutte pour défendre la souveraineté de son pays à paralyser sur la ligne de front des forces russes bien plus importantes. Les drones que l’Ukraine utilise dans la guerre accroissent les défis auxquels fait face le régime du président russe Vladimir Poutine sur le front et en Russie même, tandis que Moscou intensifie ses propres attaques meurtrières de missile contre la population civile ukrainienne.

Les frappes de drones menées par Kiev contre des raffineries de pétrole situées près de grandes villes en Russie ont rendu les conséquences de la guerre bien plus visibles à des millions de travailleurs de ce pays sans les viser directement. Malgré l’énorme coût financier et humain de sa tentative de conquête de l’Ukraine, Poutine s’entête dans cette guerre : il a encore prétendu le 3 juillet que l’Ukraine est « un territoire historiquement russe. »

Les troupes de Moscou sont jetés dans des « assauts de hachoir à viande » meurtriers après seulement 10 à 21 jours d’entraînement militaire. Elles sont confrontées à des nuées de drones antipersonnels de Kiev et subissent des pertes huit fois plus grandes que les forces ukrainiennes.

Des soldats russes refusent d’être déployés sur les postes avancés de la ligne de front situés sur des îlots du fleuve Dniepr, où ils sont particulièrement vulnérables. Dans les territoires occupés, les frappes aériennes ukrainiennes de moyenne portée sont en train de couper les lignes d’approvisionnement de Moscou en carburant et en munitions.

Au 1er juillet, quelque 1,4 million de soldats russes avaient été tués ou blessés depuis le début de la guerre. Rien qu’en juin, les forces d’invasion ont subi près de 40 000 pertes, chiffre qui dépasse de loin le taux de recrutement de Moscou. Pour tenter de combler ce déficit, le gouvernement russe fait pression sur les étudiants universitaires pour qu’ils s’engagent dans l’armée. Alors qu’on leur promet un salaire plus élevé et une formation d’opérateur de drones, beaucoup se retrouvent sur la ligne de front.

La Crimée est en train d’être isolée

Kiev a effectué avec succès plus de 50 000 frappes rien qu’en juin. Il a touché des postes de défense aérienne et de radars, des navires de guerre et des avions de chasse. Il a incendié des raffineries de pétrole aussi loin qu’en Sibérie, ce qui a réduit de plus d’un quart la production russe de carburant. Dans de nombreuses régions, le rationnement de l’essence est désormais en vigueur.

L’ampleur des dégâts a contraint Poutine à admettre que les attaques de drones ukrainiens « causent des problèmes. »

Les frappes aériennes de Kiev ont visé les liaisons routières et ferroviaires avec la péninsule de Crimée, qui a été prise à l’Ukraine et occupée par Moscou en 2014. Les coupures d’électricité et les pénuries de nourriture, de carburant et d’eau y sont désormais monnaie courante.

Le 26 juin, les autorités de Moscou en Crimée ont déclaré l’état d’urgence. Des milliers de personnes tentent de fuir. Le pont de Kertch, qui relie la péninsule à la Russie, a été fermé aux poids lourds à la suite de précédentes frappes des forces de Kiev.

Un coup a été porté aux prétentions de Poutine voulant que la Crimée soit un territoire russe. Le 14 juin, Moscou a transféré son poste de commandement naval de Sébastopol en Crimée vers le port de Novorossiïsk en territoire russe. Cette mesure fait suite au transfert à Novorossiïsk de la moitié restante de la flotte de la mer Noire de Moscou qui n’a pas été coulée par les drones ukrainiens.

L’Ukraine fait face à une pénurie de missiles de défense

En réponse aux défis auxquels il est confronté, Moscou profite de la pénurie croissante de systèmes de défense Patriots en Ukraine pour intensifier ses bombardements des centres civils. Depuis janvier, il a plus que doublé ses frappes de missiles balistiques en Ukraine par rapport à la même période l’an dernier.

Le gouvernement ukrainien dépend des puissances capitalistes européennes pour se procurer les systèmes de défense antimissile Patriots qu’il obtenait auparavant de Washington. Les dirigeants US augmentent présentement leur production de Patriots, mais c’est avant tout pour reconstituer leurs propres stocks à la suite de la guerre contre l’Iran.

Dans la nuit du 2 juillet, « la Fédération de Russie a encore une fois lancé une attaque combinée massive contre l’Ukraine à l’aide de missiles et de drones d’attaque, » a souligné une déclaration de la Confédération des syndicats libres d’Ukraine (KVPU).

À Kiev, « des bâtiments résidentiels, des infrastructures énergétiques et un hôtel ont été détruits ou endommagés, » précise la déclaration de la KVPU. Au moins 31 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées. Les défenses ukrainiennes n’ont intercepté que 4 des 24 salves de missiles balistiques de Moscou.

« Des travailleurs sont tués directement sur leur lieu de travail, » a déclaré Mykhailo Volynets, président de la KVPU, dans l’appel à la solidarité lancé au mouvement syndical international. Au cours des cinq premiers mois de 2026, 127 travailleurs ont été tués au travail à la suite des attaques de Moscou.

Lors des frappes aériennes du 2 juillet, un nombre record de 52 000 Ukrainiens, dont 4 500 enfants, ont été évacués de leurs foyers et entassés dans 46 stations du métro de Kiev. Ils ont emporté dans les abris de la literie et des produits de première nécessité, ainsi que leurs animaux de compagnie.

Selon la déclaration de la KVPU, le mouvement syndical ukrainien continue de demander « le retrait total, immédiat et inconditionnel des troupes russes du territoire ukrainien reconnu par la communauté internationale. »

Les seuls alliés véritablement fiables des travailleurs en Ukraine sont les travailleurs du monde entier, en particulier ceux de Russie. Qu’ils portent l’uniforme ou non, ces travailleurs font face aux attaques du même ennemi que les travailleurs ukrainiens sur le champ de bataille : le régime de Poutine.