Protestation à Montréal : « Rejetez la résolution du Conseil de ville contre Israël »

Beverly Bernardo
le 14 septembre 2026
À l’hôtel de ville de Montréal le 24 août, Joe Young, à droite, candidat de la Ligue communiste à l’Assemblée nationale du Québec, se joint aux opposants à la résolution contre Israël débattue par le Conseil de ville.
MILITANT/ERNEST MAILHOTÀ l’hôtel de ville de Montréal le 24 août, Joe Young, à droite, candidat de la Ligue communiste à l’Assemblée nationale du Québec, se joint aux opposants à la résolution contre Israël débattue par le Conseil de ville.

MONTRÉAL — Une importante confrontation politique a eu lieu à l’hôtel de Ville le 24 août, lorsque le parti de l’opposition Projet Montréal a présenté une résolution appelant le Conseil municipal à rompre tous ses liens avec Israël en affirmant faussement qu’Israël est un « État d’apartheid qui commet un génocide » contre les Palestiniens.

La résolution a été soutenue dans une lettre ouverte par le conseil Central de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) du Montréal métropolitain, la Ligue des droits et libertés, Amnistie internationale Canada francophone, la coalition québécoise URGENCE Palestine et Palestiniens et Juifs unis.

Quelque 700 personnalités du monde culturel ont signé une lettre d’appui à l’attaque de Projet Montréal contre Israël. Une coalition de groupes radicaux petits-bourgeois et d’organisations non gouvernementales, ainsi que le Conseil central de la CSN, a organisé deux manifestations soutenant la résolution, auxquelles ont respectivement participé 100 et 150 personnes le jour de la réunion du conseil. Ces organisations n’ont rien dit sur le nombre croissant d’agressions contre des Juifs à Montréal, ni sur le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 où plus de 1 200 Juifs et autres victimes ont été assassinées.

De l’autre côté, dans les jours qui ont précédé la réunion du Conseil, une soixantaine de personnalités politiques, culturelles et des affaires ont appelé le Conseil à rejeter la résolution dans une publicité d’une page publiée dans le Journal de Montréal. Parmi les signataires, il y avait Louis Lacroix, ancien président du syndicat Teamsters Canada, et des dirigeants d’associations d’immigrés philippins, jamaïcains, grecs et italiens. La Fédération de l’Appel juif unifié a rapporté avoir recueilli plus de 6 000 signatures et plus de 150 000 courriels, qu’elle a transmis à la mairie.

La résolution a été dénoncée par les principales organisations juives de Montréal, ainsi que par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, la Fédération CJA et l’organisation nationale B’nai Brith du Canada. Celles-ci ont souligné l’augmentation du nombre d’agressions contre les Juifs à Montréal au cours des derniers mois. « Si elle était adoptée, la motion proposée par Projet Montréal normaliserait encore plus le fait que notre communauté juive soit prise pour cible, » a déclaré B’nai Brith Canada.

Katy LeRougetel, qui était la candidate de la Ligue communiste à la mairie de Montréal en octobre dernier, a publié une déclaration appelant à rejeter la résolution de Projet Montréal. « Le gouvernement canadien, a-t-elle dit, est responsable d’attiser ces attaques antisémites. Il s’oppose à la guerre défensive d’Israël contre les dirigeants réactionnaires de Téhéran et leurs alliés et se dit prêt à arrêter le premier ministre Benyamin Nétanyahou s’il vient au Canada.

« Lutter contre tous les gestes de haine des Juifs est une question de vie ou de mort pour les travailleurs, a-t-elle poursuivi. La haine des Juifs est un produit inévitable du capitalisme en crise. Les syndicats devraient prendre l’initiative de défendre physiquement les Juifs et construire des actions contre la haine et la violence visant les Juifs. »

Candidat de la Ligue communiste dans l’élection du 5 octobre à l’Assemblée nationale du Québec, Joe Young s’est joint aux partisans de sa campagne à l’Hôtel de ville pour discuter avec les gens qui attendaient pour assister au débat. La majorité des participants étaient là pour s’opposer à la résolution antisémite, dont Paola Samuel, la directrice régionale pour le Québec et le Canada atlantique de B’nai Brith Canada.

« L’Holocauste par les Nazis en Allemagne n’est pas arrivé tout d’un coup, » a déclaré au Militant Ryan Stotland, un chanteur-compositeur venu pour s’opposer à la résolution. « D’abord les Juifs ont été exclus de certaines professions. Puis leurs entreprises ont été saisies et leurs déplacements limités, et la situation s’est aggravée à partir de là. »

La version amendée alimente la haine des Juifs

La mairesse Soraya Martinez Ferrada, dirigeante d’Ensemble Montréal, le parti au pouvoir à l’Hôtel de ville, a soutenu que la résolution de Projet Montréal ne relevait pas de la compétence de la ville et qu’elle était source de division. Mais ni elle ni aucun autre membre d’Ensemble Montréal n’ont dit quoi que ce soit sur les calomnies anti-Israël de la résolution.

Le parti de Martinez Ferrada a utilisé sa majorité au conseil municipal pour faire adopter une série d’amendements qui ont supprimé de la résolution de Projet Montréal les accusations d’« apartheid » et de « génocide » contre Israël, ainsi que son appel à rompre les relations avec Israël, tout en conservant le reste du texte. Sept membres d’Ensemble Montréal ont voté contre le texte amendé parce qu’un passage appelant à des sanctions contre Israël n’a pas été supprimé.

Tout en se félicitant que les parties les plus offensantes de la résolution n’avaient pas été adoptées, Yair Szlak, le président de la Fédération CJA, a déclaré que les membres de Projet Montréal ont répété « des propos unilatéraux sur Israël et sur le conflit avec le Hamas. Ils ont relayé des informations erronées et des contre-vérités sur le conflit, sur Israël et sur la guerre, sans reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste. Cette omission n’est pas un détail technique. C’est une défaillance qui entache le travail de ce Conseil. »

« Il fallait défaire de manière décisive la résolution de Projet Montréal contre Israël, au lieu de l’amender, » a déclaré le candidat de la Ligue communiste Joe Young. « La lutte contre la haine des Juifs au Canada et la nécessité de défendre le droit d’Israël d’exister comme le seul refuge pour les Juifs contre un nouvel Holocauste par l’Iran et ses proxies, le Hamas et le Hezbollah, constituent un combat décisif pour l’ensemble de la classe ouvrière. »