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Dénonçons le blocus et les menaces de guerre des dirigeants US
Face aux attaques des États-Unis, Cuba prend des mesures pour relancer l’industrie et l’agriculture

Mary-Alice Waters
et Róger Calero
le 21 septembre 2026
Le 27 août, le président cubain Miguel Díaz-Canel, à droite, rencontre à La Havane des travailleurs?du service des eaux. Cuba prend des mesures pour relancer la production paralysée par les attaques?des dirigeants US et pour défendre sa révolution.
Estudio RevoluciónLe 27 août, le président cubain Miguel Díaz-Canel, à droite, rencontre à La Havane des travailleurs?du service des eaux. Cuba prend des mesures pour relancer la production paralysée par les attaques?des dirigeants US et pour défendre sa révolution.

Il y a trois mois, le Comité central du Parti communiste de Cuba a tenu une session plénière extraordinaire, convoquée par le premier secrétaire du parti et président de la République, Miguel Díaz-Canel. La réunion du 17 juin a approuvé un vaste ensemble politique de 176 mesures qui, prises dans leur totalité, touchent pratiquement tous les aspects de l’économie du pays, y compris les relations de propriété, la planification économique centralisée et le monopole d’État sur le commerce extérieur.

Le lendemain, une session extraordinaire de l’Assemblée nationale a adopté un rapport du Premier ministre Manuel Marrero qui a ouvert les travaux parlementaires visant à mettre en œuvre chacune de ces mesures. Le rapport de Marrero a été publié intégralement dans l’édition du 21 juin de Granma, le quotidien du Comité central du parti, ce qui souligne son importance.

Les vastes mesures aujourd’hui mises en œuvre par les dirigeants cubains visent avant tout à relancer la production agricole et industrielle. La production des ouvriers et des travailleurs ruraux a été décimée par les effets cumulés de l’étranglement économique imposé par Washington depuis des décennies. Les dirigeants US ont agi avec une brutalité et une efficacité croissantes pour priver le gouvernement cubain de tout accès au système bancaire international ; entraver les échanges commerciaux pour obtenir des matières premières, de l’équipement et des ressources énergétiques qui ne sont autrement pas disponibles à Cuba ; et lui refuser l’accès à toute source possible de devises fortes.

Par conséquent, selon les statistiques du gouvernement cubain, ce qui correspond en gros à ce que les économistes capitalistes appellent le produit intérieur brut a reculé de 11 % entre 2019 et 2025. La production industrielle a chuté de 23 %, tandis que l’agriculture, l’élevage et l’exploitation minière ont connu une baisse encore plus radicale de 53 %.

Depuis 2022, la population de l’île a baissé de presque 2 millions d’habitants, alors qu’une couche de Cubains, de manière disproportionnée jeunes et bien instruits, ont émigré, principalement vers l’Espagne et des pays dans les Amériques. Ils sont partis à la recherche d’emplois, de meilleures conditions de vie et d’un niveau de revenus qui leur permet d’envoyer de l’argent à leurs proches qui sont confrontés à une inflation galopante et persistante.

Depuis le début de l’année 2026, la crise, déjà grave, a qualitativement empiré à cause du blocus naval imposé par Washington pour empêcher tout navire non autorisé par le gouvernement US d’accoster à Cuba ou d’en partir. Cet acte impérial vise à empêcher la moindre goutte de pétrole de parvenir au gouvernement cubain, ce qui a conduit à l’effondrement quasi total du réseau électrique à l’échelle nationale et à des coupures de courant de 20 heures par jour, voire plus, sur la majeure partie du territoire cubain. Sans électricité, il n’y a pas d’eau courante. Les téléphones restent muets, les usines ferment, les interventions chirurgicales vitales deviennent trop risquées à pratiquer et la mortalité infantile grimpe.

Le blocus naval – que les Cubains qualifient à juste titre d’acte de guerre, une guerre « silencieuse » – a aggravé la pénurie de médicaments et de matériel médical vitaux, de produits hygiéniques et ménagers de première nécessité, voire de pain, de viande et d’innombrables autres produits. Il a entraîné une paralysie quasi totale de tous les moyens de transport – bus, trains, voitures et camions, y compris ceux qui acheminent les denrées alimentaires de la campagne vers les villes où vivent la majorité des Cubains.

La gravité de la crise qui frappe aujourd’hui les travailleurs cubains n’a rien à voir avec des erreurs ou de mauvais calculs qui auraient pu être faits dans le passé par les dirigeants cubains. Si c’était la source de la crise, les dirigeants US ne ressentiraient pas le besoin d’imposer un blocus naval et d’étrangler économiquement les travailleurs de l’île. Washington aurait pu simplement prendre ses distances et laisser la crise suivre son cours. Mais les familles possédantes des deux partis impérialistes aux États-Unis savent, après presque 70 ans de sanctions économiques, commerciales et bancaires brutales, que de telles mesures n’ont pas suffi à elles seules à faire tomber le régime.

En réalité, la crise est la création de la classe dirigeante US, afin d’atteindre son objectif : rétablir la domination impérialiste US sur l’île et reprendre le pillage de ses ressources naturelles considérables et, avant tout, l’exploitation de ses travailleurs pour en tirer des profits. En bref, rétablir la relation de servitude interrompue de manière si impertinente par les actions révolutionnaires des travailleurs et paysans cubains en 1959, sous la direction de Fidel Castro.

Avant tout, l’objectif de la classe dirigeante capitaliste US, c’est de supprimer l’exemple de la révolution socialiste à Cuba pour les peuples exploités et opprimés du monde.

Résister et vaincre

Les mesures déployées aujourd’hui par le gouvernement cubain visent à permettre au peuple cubain non seulement de résister, mais de survivre et de surmonter cette nouvelle étape sauvage de la croisade menée depuis des décennies par Washington.

La tâche – d’un caractère essentiellement politique, bien qu’elle revête souvent des formes économiques concrètes – consiste à gagner du temps pour permettre aux travailleurs cubains de se regrouper et de se réarmer avec la confiance révolutionnaire qui s’est érodée. Tout en étant conscient des limites de ce qui peut être conquis et consolidé sous l’impact cumulatif des conditions du blocus actuel, l’objectif est de sauver les valeurs et la solidarité de classe, ainsi que les acquis sociaux concrets de la révolution afin de reprendre la construction du socialisme dès que les conditions le permettront.

Il y a des voix, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de Cuba, qui disent que les mesures mises en œuvre maintenant marquent la mort de la révolution socialiste à Cuba. Ces voix, ainsi que d’autres, soutiennent que Fidel Castro, le dirigeant historique de la Révolution cubaine, n’aurait jamais accepté le cours suivi aujourd’hui.

Mais en fait, la réponse à de telles accusations a été donnée par Fidel lui-même dans les heures les plus sombres de ce qu’on appelle à Cuba la Période spéciale en temps de paix ou simplement la Période spéciale – la crise économique, sociale et politique du début des années 1990, à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique.

Fidel Castro l’a fait lorsqu’il s’est adressé à une audience cubaine et internationale de plusieurs milliers de personnes à La Havane en 1994 pour expliquer et défendre les changements économiques nécessaires effectués à l’époque, ce qui comprenait des efforts pour attirer des capitaux étrangers.

« Dans les conditions qui règnent aujourd’hui à Cuba, a-t-il dit, sans capital, sans technologie et sans marchés, nous ne pouvions pas nous développer. Par conséquent, toutes les mesures, tous les changements et toutes les réformes que nous mettons en œuvre d’une manière ou d’une autre visent à préserver notre indépendance, à préserver la révolution, parce que la révolution est la source de tout. »

Lors d’une conférence de solidarité internationale à La Havane le 25 novembre 1994, en haut,?le président Fidel Castro, en bas, a expliqué le cours suivi par Cuba pour défendre sa souveraineté après l’effondrement de l’Union soviétique et l’intensification par les dirigeants US?de leur guerre économique contre l’île.
En haut : Militant/Jonathan Silberman ; en bas : fidelcastro.cuLors d’une conférence de solidarité internationale à La Havane le 25 novembre 1994, en haut, le président Fidel Castro, en bas, a expliqué le cours suivi par Cuba pour défendre sa souveraineté après l’effondrement de l’Union soviétique et l’intensification par les dirigeants US?de leur guerre économique contre l’île.

Parce que préserver les acquis de la révolution, a poursuivi Castro, « signifie préserver le socialisme ou le droit de continuer à construire le socialisme lorsque les circonstances le permettront. »

Les mesures économiques mises en place aujourd’hui à Cuba sont plus étendues que celles qui avaient été nécessaires pour se rétablir de « l’effondrement de la meringue », ainsi que Castro a appelé la chute de l’Union soviétique et des autres États ouvriers déformés d’Europe centrale et de l’Est à l’époque. Mais ces mesures spéciales ne sont ni une invention récente, ni prises contre la volonté de la grande majorité des travailleurs cubains.

Des éléments majeurs de ces mesures ont été présentés et largement débattus à travers le pays à trois reprises : en 2011, lors des préparatifs du sixième congrès du Parti communiste cubain ; en 2015, lorsque ces mesures ont été révisées ; puis à nouveau en 2019. La dernière fois, c’était lorsqu’une nouvelle constitution, qui incorporait les bases pour des mesures de ce type, a été adoptée à la majorité lors d’un référendum national qui a suivi des mois de débats au sein d’assemblées de quartier, d’usine et de coopérative agricole, et de réunions organisées par la Fédération des femmes cubaines, l’Union des jeunes communistes et d’autres organisations de masse.

Le besoin d’ouvrir l’économie cubaine aux investissements étrangers afin de moderniser les infrastructures essentielles — électriques, ferroviaires et autres dans les transports et l’industrie — est reconnu et débattu depuis des années. Mais des pas décisifs en ce sens n’ont jamais été pris. Cela s’expliquerait en partie par l’absence de consensus au sein de la direction cubaine sur la nécessité de ces mesures.

Plus important, des accords sont tombés à l’eau en raison de partenaires capitalistes potentiels qui exigeaient de pouvoir agir comme des capitalistes et réclamaient des accords juridiquement contraignants qui allaient au-delà de ce que la majorité des dirigeants cubains était prête à accepter.

Ces exigences comprenaient le droit de rapatrier les profits au lieu de les investir à Cuba ; le droit de détenir plus de 50 % du capital des entreprises développées conjointement avec des partenaires d’État cubains ; et d’être propriétaire des terrains sur lesquels devaient être construits les infrastructures et les biens immobiliers.

Mais surtout, ces investisseurs capitalistes potentiels ont insisté sur leur « droit » d’embaucher et de licencier sans entrave le personnel et de négocier directement avec « leurs » travailleurs les salaires, les horaires, l’intensité du travail et les autres conditions d’emploi.

Les changements de politique mis en œuvre aujourd’hui vont bien au-delà de tout ce qui avait fait l’objet d’un consensus au sein de la direction jusqu’à présent. Mais le travail préparatoire pour bon nombre entre eux avait été accompli pendant la Période spéciale, comme l’a expliqué Castro dans son discours de 1994.

Les 176 mesures qui commencent à être mises en œuvre touchent tous les aspects de la production industrielle et agricole ; du transport et de la vente de produits et services ; ainsi que des conditions sociales des travailleurs et des membres de leur famille, jeunes et vieux.

Afin d’encourager l’investissement des capitaux nécessaires dans pratiquement chaque secteur de l’économie – à l’exception de la santé et de l’éducation – les nouvelles mesures offrent des avantages très substantiels aux entreprises capitalistes qui ne sont pas cubaines, ainsi qu’aux Cubains vivant à l’étranger et sur l’île.

Attirer les capitaux nécessaires

Ces mesures :

  • Suppriment l’obligation, en vigueur depuis longtemps, selon laquelle l’État cubain doit détenir une participation majoritaire dans les joint-ventures avec des sociétés étrangères.
  • Autorisent l’importation et l’exportation directes de produits, de fournitures et de matériel par les entités gouvernementales provinciales et municipales, les entreprises d’État, les coopératives agricoles et les entreprises privées – ce qui réduit le monopole d’État sur le commerce extérieur à certaines exportations de produits d’origine cubaine.
  • Permettent aux entreprises d’État de vendre des parts à des investisseurs nationaux et étrangers et de vendre des actifs non utilisés.
  • Permettent aux investisseurs étrangers de rapatrier leurs bénéfices en devises fortes, de fixer le prix de leurs produits et d’embaucher directement des employés. Jusqu’à présent, les employés des joint-ventures étaient embauchés par l’intermédiaire d’une agence d’État. Les propriétaires non cubains n’avaient aucun mot direct dans l’embauche et le licenciement des travailleurs. Ces règlements visaient à protéger les employés et l’ensemble de la classe ouvrière cubaine contre les activités effrénées des sociétés capitalistes qui – à l’instar de toutes les relations capitalistes – privilégient les profits au détriment des conditions de travail et de l’environnement naturel.

D’autres réformes permettent l’expansion des activités du secteur privé, notamment :

  • Les entreprises privées seront autorisées à embaucher plus d’employés que la limite précédente de 100.
  • Les particuliers seront autorisés à posséder plus d’une seule entreprise.
  • Les entreprises d’État détermineront chacune leur propre grille salariale et la taille de leurs effectifs.
  • Les niveaux de salaire négociés avec les employés, avec la participation des syndicats, dépendront uniquement de la capacité économique et financière des entreprises et de la force organisée de leurs employés.

À Cuba, l’expansion légale des entreprises qui appartiennent à des particuliers et sont gérées par eux remonte à une vingtaine d’années. Le gouvernement les a autorisées et même encouragées comme une façon de réduire les effectifs gonflés des entreprises d’État et des départements gouvernementaux, et pour répondre au besoin de certains biens et services que l’État n’était pas capable de fournir de manière suffisante.

Ceci a eu pour résultat qu’on compte actuellement à Cuba quelque 13 000 micro, petites et moyennes entreprises privées qui proposent une grande variété de produits et de services. Celles-ci comprennent l’alimentation, la coiffure, la garde d’enfants, la construction à petite échelle, la réparation de téléphones et d’ordinateurs portables, des cours de langues étrangères et plus. Sur une population active de 4 millions de travailleurs, environ 1,6 million de Cubains travaillent aujourd’hui à leur compte ou pour une entreprise privée.

Les nouvelles dispositions réaffirment les lois sur le salaire minimum et d’autres mesures de protection des travailleurs. Mais les changements intervenus au sein des entreprises étatiques, privées ou appartenant à la fois à l’État et à des intérêts privés posent de nouveaux défis aux syndicats pour défendre les salaires, les conditions de travail et les mesures de protection sociale des travailleurs actifs et retraités.

Ces questions ont toutes été au centre des discussions lors du congrès en juin de la Centrale des travailleurs cubains, la confédération syndicale nationale, ainsi que des discussions qui ont conduit à l’adoption d’un nouveau code du travail en juillet. Ce nouveau code reconnaît officiellement les nouvelles sources d’emploi dans les entreprises privées et les droits des travailleurs dans toutes les entreprises.

« Des solutions venues de la base »

La crise de l’agriculture nationale – la principale source alimentaire du peuple cubain – a été cruellement aggravée par le blocus pétrolier de Washington.

Des travailleurs cubains installent des panneaux solaires pour des pompes?destinées à l’irrigation des cultures, ce qui permet de pallier les coupures d’électricité.
CanalCaribeDes travailleurs cubains installent des panneaux solaires pour des pompes?destinées à l’irrigation des cultures, ce qui permet de pallier les coupures d’électricité.

Le manque de carburant nécessaire pour opérer les machines agricoles, transporter les récoltes vers les marchés et contrôler la température dans les entrepôts a laissé les récoltes pourrir dans les champs et les dépôts de transport. Il s’ajoute aux sanctions économiques à plus long-terme imposées par Washington, qui depuis des décennies paralysent l’achat d’engrais, de semences, de matériel et d’autres intrants essentiels. Le déclin marqué de la population rurale est une grande source de préoccupation pour les dirigeants cubains.

Lors d’une réunion qui s’est tenue le 10 juillet avec des membres des coopératives agricoles de la province de La Havane et des dirigeants locaux de l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP), des représentants du ministère de l’Agriculture ont discuté les mesures proposées pour accroître la production alimentaire.

Au cœur de ces efforts figure la suppression de la réglementation et des obstacles bureaucratiques qui ont retardé l’attribution de terres en friche appartenant à des entreprises d’État à des particuliers qui veulent se lancer dans l’agriculture, ainsi qu’aux agriculteurs et coopératives qui désirent développer leurs opérations.

Toute les terres à Cuba appartiennent à l’État. Elles ont été nationalisées dans les premières années de la révolution socialiste dans les années 1960 pour empêcher les propriétaires des immenses domaines de Cuba d’exploiter et d’expulser les petits agriculteurs accablés par des loyers ou des dettes impossibles à payer.

Aucun agriculteur privé à Cuba ne peut perdre sa terre aussi longtemps que lui ou l’un de ses héritiers l’exploite. C’est l’une des conquêtes fondamentales de la révolution, qui scelle aujourd’hui l’alliance ouvrière et paysanne sur laquelle repose la Révolution cubaine.

Mais les nouvelles demandes pour des terres à cultiver ont fait face à d’importants retards à cause des interminables formalités administratives à remplir pour obtenir les autorisations à une multitude de niveaux – du ministère de l’Agriculture aux autorités locales – ainsi que des restrictions strictes sur la mise en culture des terres et les cultures possibles. Certaines des terres attribuées à des particuliers n’ont jamais été cultivées par leurs bénéficiaires ou ont fini par être utilisées à d’autres fins.

Selon les nouvelles mesures, les terres seront attribuées pour une durée indéterminée et pourront être transmises à un héritier qui souhaite continuer à pratiquer l’agriculture. Les mesures augmentent également la superficie autorisée sur les terres pour la construction de logements, d’entrepôts et d’autres infrastructures. Sous l’ancienne réglementation, où les attributions de terres étaient accordées pour des périodes de 10 à 25 ans, ceux qui cherchaient des parcelles à cultiver avaient peu de raisons d’améliorer les terres et n’étaient pas autorisés à construire des structures permanentes, y compris des habitations.

« La solution aux problèmes liés au régime foncier – la légalité et l’utilisation des terres – ne résidait pas dans le ministère de l’agriculture ni aucune entreprise d’État, » a déclaré Gaspar Palermo, président de la coopérative Roberto Negrín de la municipalité de La Lisa, aux responsables cubains lors de la réunion du 10 juillet. La solution, a-t-il ajouté, réside dans « une force qui peut les contrôler de la base » .

« En nous donnant le pouvoir de décision pour attribuer les terres au meilleur candidat, on nous aidera à éliminer bon nombre de problèmes, a dit Palermo. Les coopératives savent qui est le meilleur agriculteur. Elles savent à qui il faut retirer les terres parce qu’ils ne les utilisent pas conformément à la loi ou aux accords qui régissent leur utilisation. »

Afin d’atténuer les conditions dévastatrices causées par le blocus pétrolier et les autres sanctions de Washington, les agriculteurs individuels et les coopératives seront désormais autorisés à importer directement du carburant, des engrais et d’autres intrants sans passer par les agences de l’État.

Ces mesures et d’autres visant à accroître la production alimentaire sont essentielles face à la flambée des prix et aux sanctions US qui bloquent l’accès aux devises fortes utilisées dans le passé par le gouvernement pour subventionner certains produits alimentaires de base.

Dans leur ensemble, la plupart des Cubains considèrent ces 176 mesures comme nécessaires dans les circonstances actuelles et comprennent que la principale source des difficultés du pays est l’impérialisme US. Beaucoup saluent les démarches entreprises comme une occasion de s’appuyer davantage sur les initiatives des travailleurs et des agriculteurs pour faire face aux conséquences brutales des mesures punitives de Washington.

En même temps, il est largement reconnu et redouté que l’introduction sur une plus grande échelle des relations de marché augmentera inévitablement les différentiations et inégalités de classe et minera la solidarité sociale.

La voie vers l’avant

La source des énormes difficultés de Cuba et le principal obstacle à son développement économique et social est la campagne des dirigeants US – avec le soutien des autres gouvernements impérialistes – pour y renverser la révolution socialiste.

La réponse de Washington aux récentes mesures prises par le peuple cubain pour défendre l’indépendance et la souveraineté de son État est, de manière prévisible, l’imposition de sanctions et de sanctions secondaires de plus en plus nombreuses à l’encontre de toute banque, tout pays et toute entité – n’importe où dans le monde – qui fait affaire avec Cuba.

Avec leur sens de l’humour bien connu, les travailleurs cubains traitent comme une blague cynique les annonces quasi hebdomadaires du secrétaire d’État Marco Rubio sur les nouveaux noms rajoutés à la liste croissante des personnes et entités sanctionnées par Washington – « pour aider le peuple cubain » .

En même temps, une chose est bien comprise tant par les travailleurs de Cuba que par les travailleurs dotés d’une conscience de classe et d’un esprit révolutionnaire aux États-Unis et dans le monde. Nous savons que c’est seulement lorsque le siège impérialiste imposé au peuple cubain sera brisé qu’il pourra à nouveau se concentrer sur la construction du socialisme.

Le plus grand obstacle auquel font face aujourd’hui les travailleurs cubains et leur révolution socialiste, ce n’est pas la puissance économique et militaire de l’impérialisme US. C’est la réalité historique que Cuba, malgré sa réputation auprès de millions de travailleurs à travers le monde, demeure seul en tant qu’État ouvrier entouré d’États capitalistes dans un monde impérialiste. Il n’y a eu aucune révolution socialiste victorieuse depuis près de sept décennies. Aucun nouvel exemple de ce dont la classe ouvrière et ses alliés sont capables lorsqu’ils disposent de la direction qu’ils méritent.

En haut, réunion le 10 juillet entre des membres de coopératives agricoles de la province de La Havane, des dirigeants locaux de l’Association nationale des petits agriculteurs et des responsables du ministère de l’Agriculture. « Les problèmes fonciers » sont mieux résolus par la base, a déclaré Gaspar Palermo, en bas, président de la coopérative Roberto Negrín de la municipalité de La Lisa, à Cuba.
En haut, réunion le 10 juillet entre des membres de coopératives agricoles de la province de La Havane, des dirigeants locaux de l’Association nationale des petits agriculteurs et des responsables du ministère de l’Agriculture. « Les problèmes fonciers » sont mieux résolus par la base, a déclaré Gaspar Palermo, en bas, président de la coopérative Roberto Negrín de la municipalité de La Lisa, à Cuba.

L’illusion qu’un regroupement disparate de classes dirigeantes capitalistes à travers le « Sud global » pourrait d’une manière ou d’une autre offrir une protection contre les attaques des principales puissances impérialistes est tous les jours brutalement mise à mal.

Comme Lénine et d’autres dirigeants de la Révolution russe d’Octobre 1917 le savaient trop bien, le « socialisme dans un seul pays » , même un pays aussi vaste et riche en ressources que la Russie, est une contradiction en soi. Une tête de pont socialiste isolée dans un monde capitaliste doit être renforcée par d’autres victoires révolutionnaires, sinon la retraite est inévitable.

Comme l’a expliqué Fidel, voilà pourquoi la défense de l’indépendance et de la souveraineté du seul État ouvrier au monde – et l’émulation de l’exemple internationaliste prolétarien que ses travailleurs ont donné – a été et reste depuis les sept dernières décennies notre tâche la plus importante.

Nous ne demandons pas ni où ni quand la bataille prendra fin.

Nous prenons notre place ensemble dans les tranchées.