ÉTATS-UNIS, NE TOUCHEZ PAS À CUBA !
FIN AU BLOCUS ÉCONOMIQUE DE WASHINGTON CONTRE CUBA !

Un appel à l’action par le Parti socialiste des travailleurs

le 16 février 2026

La déclaration qui suit a été émise le 7 février 2026 par Jack Barnes, secrétaire national du Parti socialiste des travailleurs, au nom du Comité national du parti.

Il est aujourd’hui urgent que les travailleurs se mobilisent pour s’opposer à l’étranglement économique du peuple cubain par les dirigeants des États-Unis et à l’escalade des menaces militaires contre Cuba.

Devant les mensonges éhontés de Washington pour justifier ses attaques contre la souveraineté de Cuba, les travailleurs aux États-Unis ont à la fois le devoir et l’opportunité de faire connaître la vérité aux plus grandes couches de la population sur la révolution socialiste de Cuba. Les actions dangereuses des dirigeants US accélèrent la perspective de guerre contre les travailleurs et les agriculteurs de Cuba, qui ont fait et défendu cette révolution pendant près de sept décennies. En même temps, les actions des faiseurs de guerre menacent les travailleurs et les opprimés aux États-Unis et dans le monde entier.

Le cours de Washington depuis le début de l’année 2026 pose le plus grand danger par l’impérialiste US pour la révolution cubaine et le peuple cubain depuis la « crise des missiles » en octobre 1962. À ce moment, avec le soutien des deux partis, l’administration de John F. Kennedy avait conduit le monde au bord d’une guerre nucléaire. Il avait finalement dû renoncer à ses plans d’envahir l’île. Pour les travailleurs et le mouvement syndical, les enjeux de s’opposer à la politique actuelle du gouvernement des États-Unis sont énormes.

Washington a mobilisé dans les Caraïbes des forces navales et aériennes d’une ampleur sans précédent depuis près d’un demi-siècle. Les dirigeants US ont déchaîné ces forces brutales le 3 janvier pour lancer leur attaque de « choc et effroi » contre le Venezuela, quand ils ont kidnappé et emprisonné le président Nicolás Maduro et Cilia Flores, son épouse. L’administration de Trump a profité de cette atteinte à la souveraineté du Venezuela pour accroître sa pression économique et militaire sur le peuple cubain.

Au cœur de cette escalade, il y a des mesures visant à couper l’accès de Cuba aux importations de pétrole et d’autres ressources énergétiques, des mesures qui augmentent les pannes électriques et entraînent une forte réduction de la disponibilité des produits de première nécessité. Ceci s’ajoute au resserrement, sous les présidences précédentes de Trump et Joseph Biden, de l’accès de Cuba aux marchés mondiaux et au crédit bancaire pour l’alimentation, les produits médicaux et sanitaires les plus élémentaires (ce qui a entraîné, entre autres, une augmentation de la mortalité infantile et maternelle et une épidémie de virus transmis par les moustiques), les livres et autres manifestations éducatives et culturelles, et bien d’autres choses encore.

Depuis l’été dernier, depuis son attaque de bombes « anti-bunker » du 22 juin contre l’Iran, puis son récent assaut contre le Venezuela, le vacarme et le ton de la présente administration US sont marqués par l’euphorie. Les principaux responsables en sont le secrétaire d’État Marco Rubio, Pete Hegseth (le rebaptisé « secrétaire à la guerre » de l’administration) et le président Trump lui-même.

« Il n’y aura plus ni pétrole ni argent qui vont se rendre à Cuba – zéro ! », a annoncé Trump le 11 janvier. « Je recommande vivement [aux dirigeants cubains] de conclure un accord avant qu’il ne soit trop tard. » Lors d’une audition devant le Sénat plus tard le même mois, Rubio a ajouté : « Nous aimerions voir le régime changer là-bas. »

Tout ceci a créé des divergences tactiques bourgeoises avec d’autres membres du mouvement MAGA qui ont fait campagne pour le Parti républicain en 2024 en promettant aux travailleurs de ne pas mener de telles politiques de guerre. Peu importe comment se développent ces divisions parmi les républicains et les démocrates, les deux partis – et chacun des treize présidents américains depuis janvier 1959 – ont été et restent déterminés à renverser la révolution socialiste à Cuba.

Toutes les classes dirigeantes capitalistes à l’époque impérialiste ont promu l’illusion intéressée que l’intensification des conflits économiques et armés, qu’elles initient ou qu’elles se livrent, peut d’une manière ou d’une autre être « limitée » et « contrôlée ». L’histoire prouve le contraire, au prix de plusieurs dizaines de millions de vies humaines. Les petites guerres se transforment trop souvent en grandes guerres.

Les dirigeants US ont aussi de nombreux autres moyens pour accroître les souffrances du peuple cubain. Le gouvernement des États-Unis peut étendre le blocus actuel à d’autres produits de première nécessité que le pétrole et les ressources énergétiques. Washington peut restreindre encore plus, voire interdire tous les vols à destination de Cuba. L’impérialisme US peut intensifier sa campagne scandaleuse contre les médecins et les missions médicales internationalistes de Cuba. Washington peut réduire davantage l’envoi d’argent aux familles cubaines par leurs proches vivant aux États-Unis.

Et, dans le cadre des attaques plus larges de l’administration contre les immigrants, la déportation de Cubains vers l’île y exacerbe les pénuries et les tensions sociales.

L’objectif annoncé par Washington de couper les livraisons de pétrole à Cuba n’est pas seulement une nouvelle extorsion « tarifaire » de la Maison-Blanche. Il augmente considérablement le risque de guerre. Si un gouvernement décide de mettre à l’épreuve les exigences de Washington, il n’y a aucun autre moyen pour l’armée US d’empêcher une livraison à Cuba de pétrole ou d’autres marchandises vitales sinon que de tirer sur le pétrolier, le réquisitionner ou même le couler, peu importe le pavillon qu’il arbore. Il pourrait s’agir d’un navire de la Russie, une puissance nucléaire, ou de la Chine. Il pourrait même s’agir d’un pétrolier du Venezuela ou du Mexique, dont les gouvernements ont déjà cédé à la pression de Washington en coupant en fait l’envoi de pétrole à Cuba.

Depuis la victoire de la Révolution cubaine, Washington a cherché à justifier son agression et ses violations de la souveraineté nationale de Cuba en diffusant de purs mensonges dans ses médias, ses écoles et ses autres organes de propagande. Les dirigeants US parlent d’un « danger à la sécurité nationale » de la part d’un pays dont la population représente trois pour cent de celle des États-Unis. De plus, alors que le gouvernement cubain a cherché à établir des relations économiques et diplomatiques normales depuis le début de la révolution, c’est Washington qui a unilatéralement rompu ces liens au début des années 1960. Les forces armées cubaines ne possèdent aucune arme nucléaire ni de programme pour en développer et elles n’ont jamais lancé d’action militaire contre une cible américaine.

Ce que les dirigeants américains craignent vraiment n’a rien à voir avec tout ça. Ils craignent l’exemple politique et moral et l’attrait de la révolution socialiste cubaine et sa solidarité internationaliste pour les travailleurs et les opprimés du monde entier.

Le gouvernement cubain est disposé et prêt à engager des pourparlers avec le gouvernement US, comme il l’a toujours été, a dit le président cubain Miguel Díaz-Canel lors d’une conférence de presse de deux heures le 5 février à La Havane.

« Il est tout à fait répréhensible qu’une puissance de l’envergure des États-Unis adopte une politique aussi agressive et criminelle à l’égard d’un petit pays, a-t-il déclaré. Car que signifie empêcher une seule goutte de carburant d’atteindre un pays ? […] Comment garder les enfants à l’école sans carburant ? Comment nos systèmes vitaux peuvent-ils fonctionner sans carburant ? Comment allons-nous distribuer la nourriture ? Comment allons-nous semer ? Comment allons-nous cultiver ? Comment allons-nous préparer la terre ? Comment allons-nous récolter les cultures ? Comment allons-nous nous déplacer ? »

Le président cubain a évoqué les mesures immédiates prises par le gouvernement pour garantir que les ressources de plus en plus rares soient réaffectées afin de faire face à cette aggravation de la situation. L’essence et les autres sources d’énergie sont rationnés, en veillant à ce que ces mesures ne pèsent pas trop lourdement sur les populations rurales, les personnes âgées, les écoliers du primaire et les autres travailleurs.

Díaz-Canel a décrit les mobilisations populaires massives qui ont eu lieu ces dernières semaines à travers l’île contre l’agression accrue du gouvernement américain dans les Caraïbes et contre Cuba même. « La réalité, a-t-il dit, c’est que Cuba est un pays pacifique. La doctrine de défense ou doctrine militaire de notre pays repose sur le concept de la guerre de tout le peuple » – initié dans les années 1980 par le dirigeant cubain Fidel Castro – « qui est un concept de défense de la souveraineté et de l’indépendance du pays. Il n’envisage à aucun moment, dans aucun domaine, dans aucun secteur, dans aucun concept une agression contre un autre pays. Nous ne sommes pas une menace pour les États-Unis. »

De ce point de vue, a ajouté Díaz-Canel, à la lumière des « implications pour l’Amérique latine et les Caraïbes » de l’attaque du 3 janvier de Washington contre le Venezuela, la population cubaine est encore une fois organisée pour s’entraîner militairement sur une base régulière et volontaire, de façon que « graduellement et systématiquement, toutes les composantes de nos systèmes de défense territoriaux se préparent. » Nous « n’entrons pas dans un état de guerre » maintenant, a dit le président cubain, mais « nous nous préparons à la possibilité d’entrer dans un état de guerre à un moment donné. »

Les travailleurs aux États-Unis n’ont aucun intérêt à ce que les dirigeants brutalisent un petit pays et son peuple simplement parce que ces derniers exercent leur droit souverain de faire une révolution socialiste pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Ou parce qu’ils agissent selon ce que les révolutionnaires cubains appellent souvent « notre dette envers l’humanité », en offrant leur solidarité internationaliste à d’autres travailleurs – en Amérique latine, au Vietnam, en Afrique et ailleurs – qui luttent pour suivre l’exemple de la révolution cubaine.

Au contraire, les travailleurs, les syndicalistes et les autres exploités et opprimés aux États-Unis ont intérêt à exiger : « États-Unis, ne touchez pas à Cuba ! Mettez fin au blocus économique de Washington ! »

Contactez d’autres organisations et individus là où vous vivez et travaillez afin d’organiser des lignes de protestation et des réunions publiques où exprimer ces revendications à l’endroit de Washington et informer les gens sur la révolution cubaine.

Apportez des pancartes avec ces revendications aux actions organisées à travers le pays pour exiger l’amnistie pour les travailleurs immigrés et l’arrêt des déportations.

Discutez de ces questions vitales pour les travailleurs avec vos compagnons de travail, avec d’autres syndiqués et avec ceux et celles qui participent aux piquets de grève des infirmières et des autres travailleurs qui luttent pour améliorer leurs salaires, leurs conditions de travail et leurs droits constitutionnels.

C’est ce que font les membres du Parti socialiste des travailleurs, les candidats du parti et leurs partisans – dans les campagnes électorales du parti, en vendant le journal The Militant et des livres écrits par des dirigeants révolutionnaires dans les quartiers ouvriers, lors des Forums ouvrier du Militant hebdomadaires et lors d’autres activités politiques.

Joignez-vous à nous dans ces efforts. Et joignez le Parti socialiste des travailleurs.