(Premier de deux articles)
OBERLIN, Ohio – « Le Parti socialiste des travailleurs (SWP) existe, né dans la lutte des classes. Construisons-le ! » Telle était la banderole déployée au-dessus de la tribune lors de la Conférence internationale de 2026 du parti, tenue ici du 11 au 14 juin.
Cette banderole est audacieuse, juste et d’actualité, a dit Jack Barnes, secrétaire national du SWP, dans son rapport politique d’ouverture. Au mieux cependant, a-t-il ajouté, aucune banderole ne peut faire plus qu’affirmer le caractère ouvrier révolutionnaire d’un tel parti. Il ne peut l’expliquer plus en détail et dans toute sa richesse.
« C’est ça la tâche à laquelle nous allons nous atteler ensemble pendant cette conférence. Évidemment, tout dépend avant tout de ce que nous continuons à faire pour construire le parti. » Ce que nous faisons ici à la conférence, a précisé Barmes, servira à préparer le congrès statutaire du parti en décembre à New York. C’est là que nous intégrerons l’expérience de la politique aux États-Unis et dans le monde d’ici là, que nous « ratifierons, corrigerons et compléterons notre ligne et notre cours politiques » et élirons le Comité national du parti.
Le SWP est un parti marxiste, a dit Barnes, tant par son programme que par sa composition sociale. Nous sommes un parti « né dans la lutte des classes », comme l’indique la banderole, sur la voie menant à la victoire révolutionnaire du pouvoir ouvrier. Cette ligne de marche façonne notre vie politique, notre milieu, nos normes organisationnelles et le rythme hebdomadaire de nos activités.
Cette même mesure politique était au cœur des deux autres présentations principales de la conférence : « Défendre Cuba, défendre la révolution socialiste à Cuba » par Mary-Alice Waters et « L’Iran, Israël et les États-Unis à l’époque impérialiste : deux guerres en une » par Steve Clark. Ces trois présentations ont abordé les crises et les effondrements économiques et sociaux auxquels les dirigeants capitalistes US font face aujourd’hui, ce qui comprend leurs guerres, menaces de guerre et autres accrochages militaires qui s’intensifient.
Washington se bat pour défendre sa domination, même si affaiblie, comme la puissance économique et militaire de loin la plus forte dans le monde face aux rivalités qui s’aiguisent entre les classes impérialistes et autres grandes classes exploiteuses et États nationaux. Celles-ci se battent entre elles pour partager et repartager le contrôle des marchés, l’accès aux ressources naturelles et à la main-d’œuvre à bon marché, ainsi que le contrôle des points d’étranglement économiques et militaires stratégiques dans le monde.

La conférence a été marquée par la résistance accrue dans la classe ouvrière et le mouvement syndical à l’exploitation croissante des employeurs et par d’autres luttes sociales et politiques.
Des milliers de travailleurs d’abattoir syndiqués de nombreuses origines nationales venaient de terminer une grève de quatre semaines contre la compagnie JBS Foods à Greeley au Colorado et d’y faire des gains. Les luttes syndicales de travailleurs d’abattoirs et d’entrepôts de sucre, d’infirmières et d’employés d’hôtels se multiplient, ainsi que les actions de protestation par les travailleurs immigrés, leurs familles et leurs partisans dans les syndicats et ailleurs. Et il y a plus d’actions contre le durcissement par le gouvernement US de son blocus pétrolier et de ses autres attaques contre la souveraineté de Cuba, qui visent à écraser le seul bastion révolutionnaire des Amériques et à diviser la direction cubaine.
La réunion internationale du SWP a réuni 300 personnes venues des États-Unis, d’Australie, du Canada, du Royaume-Uni, de France, de Grèce et de Nouvelle-Zélande. Il y a eu trois jours de séances plénières auxquelles ont assisté tous les participants, ainsi que de nombreux cours et discussions informelles.
L’événement s’est terminé le dernier jour avec les conclusions des trois présentateurs des séances plénières. Cette session a été suivie en soirée d’un rassemblement centré sur le travail des candidats du Parti socialiste des travailleurs et des Ligues communistes dans diverses élections, où ont pris la parole des participants à diverses luttes sociales et politiques.
Ces discussions ont été enrichies par des panneaux politiques et photographiques qui occupaient tout un côté de la salle de conférence, ainsi que par des tables très fréquentées de livres en vente. Une collecte de fonds d’été a permis de récolter plus de 48 000 $ US.
Construire le parti, et non le créer
Ici aux États-Unis, le bastion de l’impérialisme mondial, a dit Barnes, « nous n’avons pas à créer le parti révolutionnaire. Il existe déjà. »
Les partis ouvriers d’avant-garde, a-t-il ajouté, peuvent grandir à une vitesse fulgurante dans le feu d’événements révolutionnaires de grande ampleur.
En fait, c’est une caractéristique de l’époque dans laquelle nous vivons, l’époque de l’impérialisme, qui est aussi celle de la révolution prolétarienne. Ceci a été démontré par les deux grandes révolutions socialistes du 20e siècle. La première a été la révolution d’Octobre 1917 en Russie, dirigée par le Parti bolchevique de Vladimir Lénine. La deuxième a été la révolution socialiste à Cuba au début des années 1960, dirigée par Fidel Castro et le mouvement de travailleurs urbains et ruraux et d’étudiants qu’il a organisé et guidé politiquement jusqu’à la victoire – l’Armée rebelle et le Mouvement du 26 juillet.
« Mais ni le SWP ni aucun autre parti, a souligné Barnes, ne peut se reposer sur les lauriers de ce qui a été accompli dans le passé. Nous continuons à construire le parti en nous impliquant dans la lutte des classes et toutes sortes de travail de masse. »
Comme elles l’ont été depuis des décennies, a dit Barnes, les campagnes électorales du Parti socialiste des travailleurs constituent aujourd’hui la façon la plus importante de nous organiser pour faire connaître le parti. Lorsque nos candidats prennent la parole ou publient une déclaration – contre le blocus pétrolier inadmissible imposé à Cuba par Washington ; contre la guerre de pillage impérialiste en Iran ; pour réclamer l’amnistie pour les travailleurs immigrés ; contre la violence antisémite – ces déclarations ne parlent pas seulement pour le parti. Nous parlons et agissons également au nom des intérêts de classe de l’ensemble de la classe ouvrière et des exploités, ainsi que pour leur solidarité et unité dans l’action.
Ce n’est pas la taille actuelle du parti qui est décisive, a dit Barnes. Notre taille est largement déterminée par les conditions actuelles de la lutte des classes aux États-Unis et dans le monde, ainsi que par la direction de collaboration de classe du mouvement syndical. Ces facteurs échappent largement au contrôle de qui que ce soit. Comme ils l’ont été tout au long de l’histoire du capitalisme, ces facteurs vont de manière imprévisible mais inévitable changer sous l’impact d’explosions de résistance ouvrière, de luttes anti-impérialistes et de nouvelles avancées de la révolution socialiste mondiale.
Aujourd’hui, a dit Barnes, le SWP est prolétarien dans son programme, sa composition de classe ainsi que dans ses normes et habitudes de conduite politique. « Notre programme communiste est plus vigoureux que jamais. »
« Nous restons fidèles à ce parti, a-t-il ajouté. Nous gardons les yeux rivés sur la seule classe et les seules institutions de classe à travers lesquelles une avant-garde peut organiser et diriger des millions de personnes dans une lutte révolutionnaire victorieuse pour le pouvoir ouvrier. »
En défense du marxisme
Un guide essentiel pour construire le parti, a expliqué Barnes, se trouve dans les leçons politiques et organisationnelles qu’on peut étudier dans le livre En défense du marxisme du dirigeant communiste Léon Trotsky. À la veille de la conférence socialiste de juin est parue une nouvelle édition de cet ouvrage, publié pour la première fois en 1942. Depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui, ce livre a été et demeure une base programmatique du Parti socialiste des travailleurs et de notre mouvement international.
En défense du marxisme est le récit de l’étroite collaboration de Trotsky avec la direction du SWP en 1939-1940 durant les derniers mois de sa vie, alors qu’il a dirigé une lutte politique décisive pour l’avenir communiste du mouvement international qu’il avait fondé. Selon les mots de Trotsky, il ne s’agissait, « ni plus ni moins, que d’une tentative de rejeter, de discréditer et de renverser les fondements théoriques, les principes politiques et les méthodes organisationnelles de notre mouvement. »
Alors que les dirigeants US se préparaient à assurer leur suprématie en entrant dans le deuxième carnage impérialiste mondial qui faisait déjà rage en Europe, une minorité du Comité national du parti a commencé à céder aux pressions de guerre patriotiques. Les articles et lettres écrits par Trotsky dans cette lutte, a souligné Barnes, constituent aujourd’hui un guide programmatique et politique fondamental. Le SWP utilise l’introduction de la nouvelle édition de 2026 pour préparer politiquement son prochain congrès de décembre 2026.


Lire et discuter cette édition de 2026 d’En défense du marxisme, y compris sa nouvelle introduction, permettent de réfuter une fausse idée assez répandue sur la place de Trotsky dans le mouvement communiste moderne : celle voulant que, malgré sa réputation d’écrivain et « théoricien » talentueux, il aurait toujours eu des lacunes en matière d’organisation, d’activité ouvrière et de discipline. Cette falsification est colportée entre autres par les staliniens et d’autres radicaux petits-bourgeois dans le but de rabaisser et discréditer à la fois Trotsky et le mouvement mondial forgé sur des bases bolcheviques qu’il dirigeait.
Mais ce livre, a dit Barnes, montre que rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. À partir de 1917, quand il a été gagné au Parti bolchevique par Lénine, personne n’avait intériorisé plus profondément que Trotsky ce que Lénine enseignait et mettait en pratique sur le lien inséparable entre la politique prolétarienne et l’organisation prolétarienne, entre la parole et l’action.
En fait, à un moment décisif de la lutte de 1939-1940 dans le SWP, Trotsky a noté que « l’incompréhension du centralisme révolutionnaire et une hostilité envers lui » constituaient un trait de caractère « typique » des partisans de toute tendance petite-bourgeoise non prolétarienne.
De plus, a insisté Trotsky, les questions politiques et programmatiques en jeu dans cette lutte – l’opposition inconditionnelle à la guerre impérialiste, la défense de l’État ouvrier soviétique, la méthode matérialiste du marxisme – ne pouvaient être ni comprises ni mises en pratique dans un parti « inondé par des éléments non prolétariens ». La tâche, a écrit Trotsky, consiste à « orienter » le parti « vers les usines, les grèves, les syndicats ».
C’est la voie à suivre, a-t-il dit, pour forger un cadre de « révolutionnaires prolétariens capables de comprendre ce qu’est le parti, ce que signifie la loyauté à son étendard et ce que veut dire la discipline révolutionnaire. »
Barnes a noté que plusieurs branches du SWP aux États-Unis et des Ligues communistes dans d’autres pays avaient déjà commencé à organiser des cours hebdomadaires de leurs membres pour discuter En défense du marxisme et que le livre avait été intégré aux cours de la conférence. Les participants ont acheté plus de 200 exemplaires de la nouvelle édition.
Jack Barnes a aussi souligné l’importance de la prochaine nouvelle édition de La lutte pour un parti prolétarien de James P. Cannon, qui comprendra également une introduction écrite en 2026. Un dirigeant fondateur du mouvement communiste aux États-Unis et de l’Internationale communiste à l’époque de Lénine, Cannon était le secrétaire national du SWP au moment du conflit de 1939-1940. Le livre contient la brochure du même titre que Cannon a rédigée à la veille du congrès d’avril 1940, qui a voté de rejeter le cours proposé par la minorité et d’affirmer l’orientation prolétarienne du parti. Il contient aussi des lettres de Cannon à Trotsky et à d’autres dirigeants du SWP.
À l’issue couronnée de succès de cette lutte politique, Trotsky a écrit au dirigeant du parti Farrell Dobbs que la brochure de Cannon était un manuel bien nécessaire, écrit par un « véritable dirigeant ouvrier. Si la discussion n’avait produit rien de plus que ce document, elle aurait été justifiée. »
Bien entendu, personne des deux côtés de ce conflit n’a contesté le fait que Trotsky avait dirigé la lutte dans le SWP à la fois sur les questions programmatiques et organisationnelles en jeu. Mais en étudiant le livre de Cannon parallèlement à celui de Trotsky, a dit Barnes, les lecteurs apprécient comment Trotsky « a dirigé les dirigeants du SWP, qui faisaient partie des meilleurs organisateurs que le mouvement communiste ait jamais produits où que ce soit dans le monde. »
Même avant de mener cette importante bataille, a dit Barnes, Trotsky avait déjà consciemment reconnu le SWP et sa direction prolétarienne expérimentée – Cannon, Dobbs et d’autres – comme un parti capable de jouer un rôle de direction international pour maintenir hissé le drapeau brandi par Lénine plus d’un quart de siècle plus tôt.
Un mouvement, pas une doctrine
« Quelles sont les fondements du marxisme ? » a demandé Barnes. Il faut les comprendre si nous construisons un parti prolétarien « capable d’organiser et de diriger la lutte pour le pouvoir ouvrier. »
Barnes s’est concentré sur trois piliers fondamentaux.

Le premier, c’est de surmonter la conception erronée voulant que le communisme est « une série d’idées ». Ce point a été clarifié pour la première fois en 1847, lorsque les jeunes Karl Marx et Friedrich Engels ont été recrutés en Europe au premier parti communiste au monde par des travailleurs à l’esprit révolutionnaire. Ces cadres chevronnés ont demandé à Marx et Engels de rédiger un programme pour la nouvelle organisation, la Ligue communiste, qui a été fondée à la fin de l’année.
Alors qu’ils travaillaient sur le projet, un démocrate petit-bourgeois radical nommé Karl Heinzen a écrit plusieurs attaques publiques contre les communistes, qu’il décrivait comme des sectaires doctrinaires qui divisaient la lutte politique pour les libertés démocratiques et une république en Allemagne et ailleurs en Europe.
Engels a répondu dans un article à ces falsifications en octobre 1847. Heinzen, a-t-il écrit, « s’imagine que le communisme est une doctrine qui découle d’un principe théorique bien défini […] et en tire des conclusions. »
« Heinzen se trompe complètement, a répondu Engels. Le communisme n’est pas une doctrine, mais un mouvement. Il ne découle pas de principes, mais des faits. […] Dans la mesure où il s’agit d’une théorie, le communisme est l’expression théorique de la position du prolétariat dans cette lutte [de classe] et la synthèse théorique des conditions de la libération du prolétariat. »
Plus tard en 1847, Marx et Engels ont intégré cette pièce maîtresse de notre mouvement au programme adopté par la nouvelle organisation. « Depuis, a ajouté Barnes, ce document est devenu bien connu comme le Manifeste communiste. »
En bref, « les communistes ne partent jamais d’idées que nous pensons avoir “découvertes”. Nous partons des faits tirés des luttes menées par la classe ouvrière ici et à travers le monde. Puis, avec le temps, nous généralisons et adaptons ces leçons.
« C’est ainsi que notre programme se développe et évolue. »
Transformer les rapports de classe
Seule une telle compréhension de notre programme marxiste, a dit Barnes, est compatible avec notre conception matérialiste de l’histoire – qu’il s’agisse de l’histoire naturelle ou de l’histoire humaine.
Les marxistes n’ont aucun « plan » ni pour la lutte des classes à notre époque, ni pour une future société communiste. Au lieu de cela, a ajouté Barnes, nous avons « une stratégie et un programme ouvriers pour la transformation de la réalité matérielle ». Un programme et une stratégie pour la transformation révolutionnaire des relations de classe d’exploitation de la société capitaliste. Dans ces luttes, la classe ouvrière et les autres producteurs transforment leur conscience de classe et se transforment.
« Pour comprendre la méthode du marxisme, a conseillé Barnes, ne commencez pas par la dialectique. Commencez par la réalité matérielle, commencez par le matérialisme. »
À cet égard, Barnes a encouragé les participants à utiliser davantage le livre publié il y a quelques années Le travail, la nature et l’évolution de l’humanité, d’Engels, Marx, George Novack et Mary-Alice Waters. Cet ouvrage aide à expliquer à d’autres travailleurs ce que le sous-titre du livre appelle « Une vision longue de l’histoire ». Il en va de même pour les ouvrages sur l’origine de l’oppression des femmes et leur lutte pour l’émancipation écrits par Evelyn Reed, Mary-Alice Waters et d’autres auteurs – des livres comme Les cosmétiques, la mode et l’exploitation des femmes et Problems of Women’s Liberation [Problèmes de la libération des femmes].
C’est là que les travailleurs, a dit Barnes, peuvent apprendre que le système capitaliste fondé sur l’exploitation salariale et l’oppression n’est pas éternel. Et comment ces relations dégradantes entre les êtres humains peuvent être combattues par la solidarité et la lutte, et éliminées une fois pour toutes.

C’est là que la transformation – la dialectique – entre en jeu de la manière la plus forte. Que l’activité et le changement révolutionnaires entrent en jeu.
Révolutionnaires professionnels
Un deuxième pilier du marxisme, a expliqué Barnes aux participants de la conférence, c’est qu’un parti prolétarien révolutionnaire doit être ce que Lénine appelait « un parti de révolutionnaires professionnels ».
C’est « l’une des contributions politiques de Lénine les plus délibérément et consciemment “mal comprises”, a-t-il ajouté. Ce n’est pas parce qu’il y a quelque chose de difficile à comprendre dans ce qu’a écrit Lénine. C’est simplement que les ennemis de classe bourgeois du mouvement ouvrier, les staliniens et les autres misleaders qui pratiquent la collaboration de classe ont tous intérêt à déformer les idées de Lénine. »
L’un de ces « malentendus », c’est que Lénine pensait que les travailleurs dans le parti doivent être dirigés par une élite de « professionnels » éduquée à l’université qui se portent volontaires pour le faire pendant leur temps libre. Les anticommunistes bourgeois adorent propager cette falsification, dans l’espoir de présenter les communistes comme des « hypocrites ». Mais cela arrange aussi les soi-disant intellectuels qui s’imaginent être des « dirigeants politiques » de la classe ouvrière.
Un révolutionnaire professionnel n’est pas non plus la même chose qu’un membre du parti choisi pour assumer à plein temps une affectation nécessaire – dans un comité de direction, un hebdomadaire, une maison d’édition, une campagne électorale du parti, etc. Les membres de l’appareil du parti ne représentent qu’une minorité relativement petite des révolutionnaires professionnels qui forment un parti prolétarien.
Il n’y a peut-être pas de meilleur endroit où trouver ce qu’est un révolutionnaire professionnel qu’au début des statuts du SWP, dans quelques phrases décrivant l’adhésion au parti. Selon les statuts, l’adhésion est ouverte à toute personne « qui accepte le programme du parti », « accepte de se soumettre à sa discipline et de participer activement à son travail » et « appartient à une branche dûment constituée du parti ».
Le SWP, a dit Barnes, est composé de membres ayant des origines et des parcours divers, qui organisons nos vies et nos énergies pour construire un parti prolétarien. Toujours selon les statuts du parti, notre objectif est « d’établir un gouvernement des travailleurs et des agriculteurs, qui abolira le capitalisme aux États-Unis et se joindra à la lutte mondiale pour le socialisme. »
Dans tout ce que nous faisons, a dit Barnes, « cet effort pour construire un parti implique que les travailleurs révolutionnaires s’éduquent les uns les autres et apprennent les uns des autres. Nous prenons le temps pour nous former mutuellement à être des professionnels dans toutes sortes de compétences et d’attitudes ouvrières. »
« Nous sommes des professionnels dans la manière de nous organiser et lutter aux côtés d’autres travailleurs dans l’industrie et dans les syndicats, que ce soit au travail ou sur un piquet de grève. Dans la manière de rédiger et produire un hebdomadaire ouvrier, et dans la manière de nous organiser pour en faire la promotion et la vente. Dans la manière d’autofinancer un parti ouvrier. »
« Nous sommes des professionnels dans la manière d’organiser les campagnes électorales du SWP, dans nos efforts pour surmonter les obstacles antidémocratiques imposés par les deux partis capitalistes pour faire obstacle à notre droit d’être inscrits sur les bulletins de vote, et dans la manière de nous présenter en tant que candidats. Et bien plus encore. »
Rien de tout cela n’est nouveau, a répété Barnes. C’est ce que Lénine a expliqué dans son livre de 1902, Que faire ? C’est « notre devoir, a-t-il dit, d’aider tout travailleur se faisant remarquer par ses capacités à devenir un agitateur, un organisateur, un propagandiste, un colporteur de livres, etc., etc., professionnel. »
Le « travailleur révolutionnaire », insistait le chef bolchevique, doit « devenir un révolutionnaire professionnel. »
Le troisième pilier, a dit Barnes, c’est la constatation de Lénine qu’à la dernière décennie du 19e siècle, une nouvelle ère historique du capitalisme mondial avait commencé.
L’impérialisme

Ce que Lénine a appelé l’époque impérialiste avait sa base dans une poignée d’États-nations puissants, notamment le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et les États-Unis, ainsi que la Russie, le Japon et un certain nombre d’autres pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Pacifique.

Ces puissances impérialistes, a dit Barnes, en étaient venues à dominer et à se partager entre elles l’exploitation du travail et des richesses naturelles de toute la terre. Lénine a expliqué ce développement dans son ouvrage de 1916, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme. Comme le montre ce petit livre, a écrit Lénine, « le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée […] d’États particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». »
Et rien de fondamental n’a changé cet ordre mondial d’exploitation au cours des 110 années depuis. « Tant que les classes laborieuses et leurs alliés dans cette poignée de pays impérialistes, a dit Barnes, n’auront pas arraché le pouvoir d’État à ces classes dirigeantes capitalistes, l’histoire et la lutte de classe internationale seront dominées par une rivalité acharnée entre elles pour se partager à nouveau les sphères de pillage et de profits – ce qui va des conflits tarifaires et autres pour les marchés aux aventures militaires sanglantes et aux guerres mondiales. »
L’impérialisme n’est pas, a dit Barnes, « une politique que le capital financier préfère, qui peut faire l’objet de « réformes » bourgeoises. Il doit être renversé dans une lutte de classe révolutionnaire. »
(À suivre la semaine prochaine)
