La fureur des libéraux à l’endroit de Trump fléchit face à l’opposition des travailleurs

Par Terry Evans
le 24 septembre 2018

Les efforts frénétiques des démocrates libéraux, de leurs alliés des médias tels CNN et le New York Times, de l’aile « Jamais Trump » du Parti républicain et de la gauche de la classe moyenne pour renverser les résultats de l’élection de 2016 et chasser Donald Trump de la présidence vacillent. Beaucoup de leurs actions provoquent une réaction opposée à ce qu’ils espèrent. Les travailleurs rejettent leurs attaques incessantes contre Trump, qui n’arrivent pas à émousser ses appuis.

Les manœuvres des démocrates pour perturber les audiences pour le candidat à la Cour suprême Brett Kavanaugh n’ont pas été populaires, pas plus que le soi-disant membre anonyme de l’administration, dont le message a été publié dans le Times, ou le livre du chroniqueur démocrate Bob Woodward, qui « raconte tout » mais sans fournir de source. Leurs histoires ont été dénoncées par les généraux John Kelly et James Mattis ainsi que par le vice-président Mike Pence, tous des membres de l’administration dont les démocrates prétendent depuis longtemps qu’ils sont mécontents de Trump.

L’enquête du conseiller juridique spécial Robert Mueller, ancien patron du FBI, pourrait extirper des ententes de plaidoyers de culpabilité et des condamnations de quelques associés de Trump, mais elle n’a produit aucune preuve que Trump a « conspiré » avec Moscou. Les procédures de destitution de Trump, dont rêvent les libéraux, deviennent de plus en plus improbables.

Les travailleurs qui ont voté pour Trump dans le but de « drainer le marais » à Washington du mépris bourgeois pour leurs problèmes et ceux encore plus nombreux qui n’ont voté ni pour Trump ni pour Hillary Clinton par dégoût, voient certains développements qui sont bons pour la classe ouvrière. Ils voient plus d’emplois se créer avec la reprise de l’économie capitaliste. Ils voient d’un bon œil des initiatives pour apaiser les guerres apparemment sans fin que les dirigeants capitalistes ont commencées, de la Corée à l’Afghanistan et ailleurs. Pour ces raisons, la « résistance » frénétique de quelques couches de la classe moyenne trouve peu d’appui parmi les travailleurs.

Trump dirige pour la classe capitaliste

Les dirigeants capitalistes eux-mêmes voient des progrès dans ces développements, pour leurs propres raisons. Trump dirige pour la classe capitaliste, dont il fait partie.

La classe dirigeante du pays se voit en meilleure position pour intensifier son exploitation des travailleurs et améliorer sa position dans ses conflits avec les puissances capitalistes rivales. Les baisses d’impôts de Trump permettent aux patrons d’accroître leurs profits durant la phase d’expansion de la production capitaliste actuelle.

Ces opportunités pour renforcer leur exploitation des travailleurs ont amené les patrons à embaucher plus de travailleurs. Le taux de chômage, qui était déjà en baisse avant l’élection de Trump, continue à chuter. Les travailleurs, qui peuvent maintenant trouver ou changer d’emploi plus facilement, gagnent confiance dans leur capacité de résister à l’intensification du travail et aux attaques contre les salaires. Ils peuvent plus facilement résister aux efforts des patrons pour nous faire payer la crise économique et sociale du capitalisme.

Les embauches ont augmenté, mais les patrons n’ont pas augmenté les salaires de manière significative et ils ne le feront pas tant qu’une montée des luttes ouvrières ne les obligera pas à le faire. Les travailleurs doivent s’organiser et reconstruire le mouvement syndical pour unir les travailleurs afin de défendre leurs intérêts communs. L’augmentation de l’endettement, le renforcement de la concurrence et la hausse des coûts de production ont ramené les revenus agricoles à leur niveau le plus bas depuis 12 ans, avec des conséquences désastreuses pour les petits agriculteurs.

L’administration a pris des mesures pour négocier la fin de la guerre en Afghanistan. Mais elle renforce le déploiement de troupes US, elle intensifie les frappes aériennes et pousse le gouvernement pakistanais à cesser de donner refuge aux combattants talibans. Le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé la nomination d’un diplomate américain, Zalmay Khalilzad, pour superviser les pourparlers que le gouvernement tente d’imposer entre les Talibans et Kaboul.

Brandissant la grande taille de l’économie américaine et la menace de tarifs punitifs, les autorités américaines ont mené des négociations commerciales directes avec des gouvernements rivaux dans le but de défendre les intérêts des dirigeants américains dans leur concurrence avec leurs compétiteurs. Après des pourparlers avec le gouvernement mexicain pour conclure un accord qui renforce les patrons de l’automobile des États-Unis contre leurs concurrents, en particulier en Asie, Trump cherche à obtenir des concessions similaires de la part des dirigeants canadiens.

Avec ces accords et les gains obtenus avec un pacte provisoire avec les dirigeants de l’Union européenne – un bloc protectionniste de puissances capitalistes concurrentes dominé par les dirigeants allemands – les responsables de l’administration affirment que Washington est mieux placé pour poursuivre ses conflits commerciaux avec Beijing, son principal concurrent.

La Maison Blanche a annoncé qu’elle avait préparé une troisième série de tarifs à imposer aux patrons chinois. Le président affirme que l’offensive commerciale de Washington ramènera les « emplois américains. »

« Il n’y a pas « d’emplois américains. » Il y a deux Amériques, celle des patrons et celle des travailleurs. Nos intérêts sont opposés. Ils cherchent à exploiter notre travail et à nous harceler avec leur police, leurs déportations, leurs tribunaux et leurs prisons, » a soutenu Margaret Trowe, candidate du Parti socialiste des travailleurs au Sénat dans l’État de New York. « Nous faisons partie d’une classe ouvrière internationale avec des intérêts communs. Que les patrons US et leur gouvernement fassent la promotion du protectionnisme ou bien celle du libre-échange, dans un cas comme dans l’autre nous sommes acculés au mur. La voie à suivre est la lutte pour l’indépendance de classe et pour prendre nous-mêmes le contrôle du pouvoir politique. »